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Vendredi 29 décembre 2006

La fin de l’année approche. C’est l’heure des bilans. Je songe à mon engagement en faveur de la lutte contre les discriminations à l’embauche et au blog pourpre. Je prends le temps de mesurer les avancées et les reculs de mes idées dans la société française. Suis-je minoritaire ? Je suis convaincu que la discrimination positive est une erreur et une politique injuste. Et puis, au détour d’une page Internet, je lis un article qui me renforce. Nous sommes de plus en plus nombreux à promouvoir les mêmes valeurs d’équité et de justice. Voici l’article que je vous invite à lire et à relayer car chaque geste individuel compte dans ce combat pour le développement d’un pacte social juste, équitable et respectueux de nos grands principes républicains :

Discrimination positive, discrimination négative : entre pléonasme et oxymore 

« Dans cette période qui a commencé avec la date anniversaire des émeutes de l'automne 2005 et qui s'achèvera avec les élections législatives de 2007, parions que le débat reviendra souvent sur la notion de discrimination positive. Et qu'à peine prononcée l'expression provoquera un concours de pétitions de principe passionnées, laissant pourtant parfois cette impression étrange que, sous l'écume abondante des arguments polémiques, l'accusation et la défense partagent le même malaise, chacune trouvant son rôle difficile à tenir. Les lignes qui suivent proposent de déplacer ce débat vers un terrain plus constructible.

Pour repérer les contours de ce concept si dérangeant, il est pratique de commencer par la mise en situation proposée par Anne-Marie Le Pourhiet, grande pourfendeuse de discrimination positive : « Si un employeur préfère un candidat français blanc moins diplômé et expérimenté qu'un candidat français noir, il est certainement raciste et commet sans doute une grosse erreur managériale préjudiciable à son entreprise... » Le cas a le mérite d'être clair et net : il s'agit d'une discrimination raciste, condamnable et négative.

Qu'en est-il de la discrimination positive, celle qui, dans les débats, précède ou suit de peu l'apparition du mot « quota » ? Dans sa version pure et dure, elle contraint l'entreprise à recruter un certain nombre de représentants de chaque catégorie ethnique pour aboutir dans toutes les institutions à une représentation miroir de la société. Peu importe alors dans l'exemple précédent que le candidat blanc puisse être plus qualifié : l'entreprise doit recruter le candidat noir si son quota correspondant à la minorité ethnique des Noirs n'est pas atteint.

Pas étonnant donc que, malgré l'adjectif, l'expression « discrimination positive » soit lourde à assumer, beaucoup lui préférant la notion d'« action positive » ou celle d'« égalité positive ». Les nuances avec le modèle des quotas ethniques ne sont pas que sémantiques et les rares champions de la discrimination positive prennent tous leurs distances : Nicolas Sarkozy et Eric Keslassy prennent soin de revendiquer une discrimination positive qui soit socio-économique et non pas ethnique ni religieuse ; Yazid Sabeg lui-même récuse les quotas ethniques.

Certes. Mais s'il faut en passer par des quotas, et même si ces quotas sont socio-économiques et non ethniques, alors la discrimination positive est bel et bien... discriminatoire. C'est-à-dire qu'elle institue une inégalité de droit sous prétexte de rétablir une égalité réelle entre différentes catégories de la population. Il est facile et légal, par exemple, de compter le nombre des salariés d'une entreprise qui résident dans telle ou telle commune défavorisée, ou qui y ont suivi leur scolarité. Mais vouloir les recruter ou les promouvoir de préférence à d'autres candidats pourtant plus compétents est une discrimination, une rupture du principe d'égalité.

Oui, mais, à compétences égales, qu'en est-il ? Voici comment Anne-Marie Le Pourhiet poursuit son exemple déjà cité : « Si un employeur préfère un candidat français blanc moins diplômé et expérimenté qu'un candidat français noir, il est certainement raciste [...], mais à CV équivalent en quoi est-ce «mal» de préférer le Blanc et, au contraire, «bien» de préférer le Noir ? » Ce n'est ni mal ni bien de préférer le candidat noir, ou disons plutôt le candidat présumé défavorisé, mais c'est peut-être efficace et juste.

Juste, parce qu'un candidat issu d'une catégorie défavorisée, s'il offre les mêmes compétences qu'un autre candidat, pourrait bénéficier d'une présomption de mérite supplémentaire. Une personne dont le parcours est passé par un établissement scolaire placé en zone d'éducation prioritaire, ou qui réside dans une zone urbaine sensible, n'a-t-elle pas probablement plus de mérite qu'un autre candidat ? Plus de mérite, c'est-à-dire, selon le Petit Robert, plus de « ce qui rend une personne digne d'estime, de récompense, quand on considère la valeur de sa conduite et les difficultés surmontées ». C'est juste aussi, parce que ce n'est pas injuste : ce n'est pas au profit d'un candidat moins compétent que lui que le candidat malheureux a perdu.

Efficace, parce que cette présomption de mérite supplémentaire à compétences égales, en laissant entrer davantage de représentants des catégories défavorisées, suscite un espoir contagieux sans effet pervers ni stigmatisation. Efficace parce que, en brisant le plafond de verre qui limite la promotion de certains, il confirme cet espoir à tous les étages de l'ambition. Mais efficace seulement, à vrai dire, s'il y a des candidats ! C'est-à-dire bien sûr si toutes les autres mesures sont mises en oeuvre en amont : efforts ciblés pour former et parrainer, pour attirer des candidatures diverses, pour définir des critères de recrutement ou de promotion qui s'appuient exclusivement sur les exigences du poste, en faisant table rase des préjugés et des stéréotypes insidieux, etc.

La présomption de mérite supplémentaire à compétences égales ne relève pas de la discrimination positive. Elle ne peut pas davantage relever d'une loi : c'est une attitude que peuvent adopter tous ceux qui souhaitent lutter contre l'inégalité réelle, urgente et grave qui menace notre pacte social, tout en respectant les grands principes républicains. Le débat ne serait-il pas plus constructif en renonçant clairement, sur le fond, à toute forme de quota et, sur la forme, au mot « discrimination » ? En se positionnant plutôt sur la notion d'égalité positive et sur la présomption de mérite supplémentaire à compétences égales ? » Par LAURENT TRAN VAN LIEU, administrateur du Club XXIe Siècle  http://www.lesechos.fr

On ne pouvait pas mieux finir l’année 2006 sur ces paroles de bon sens de Laurent TRAN VAN LIEU.

Rendez-vous en 2007 pour l’année européenne de l'égalité des chances pour tous.

par Gérald Alexandre Roffat publié dans : Recrutement / Anti discrimination
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Jeudi 28 décembre 2006

J’ai lu l’information sur la version web de l’excellent Courrier International : En Afrique du Sud, les Chinois se battent pour être des personnes de couleur !!! Extraits :

« Discriminés parce que non blancs à l'époque de l'apartheid, les Chinois le sont aujourd'hui parce que non noirs. Ils demandent que leur statut soit officiellement revu par le gouvernement.

"La communauté chinoise installée en Afrique du Sud, qui se bat depuis des années pour être reconnue comme noire, en appelle maintenant à la Haute Cour", annonce l'hebdomadaire Mail & Guardian. L'Association des Chinois d'Afrique du Sud (CASA) a en effet l'intention de demander à la plus haute autorité judiciaire du pays d'être rangée dans la catégorie des "personnes de couleur", afin de pouvoir bénéficier des aides à l'emploi ainsi que des différentes lois favorisant les Noirs mises en place depuis la fin de l'apartheid. […]

Du temps de l'apartheid, avant 1994, "les Chinois n'avaient pas plus le droit de vote que les Noirs. Ils étaient également exclus des bâtiments publics, interdits d'accès dans certains endroits réservés aux Blancs et sujets à des restrictions dans les domaines du travail et de l'enseignement", note le magazine. "Peut-être les Chinois n'étaient-ils pas les plus opprimés, mais eux aussi ont subi discriminations et humiliations", estime le sociologue Yoon Park, qui constate que, depuis, les Chinois ont été exclus de tous les programmes d'embauche à des postes à responsabilités réservés, dans les grandes entreprises sud-africaines, aux personnes de couleur – c'est-à-dire aux Noirs et aux Indiens. » Les Chinois se battent pour être Noirs / Courrier International 11 déc.2006

Ainsi va le monde… quand on commence à raisonner « discrimination positive ». Il fonctionne de travers. Il ne suffit pas d’avoir les meilleures intentions du monde, il faut mesurer les enjeux et les risques, ces effets secondaires que j’ai déjà évoqué à maintes reprises.

par Gérald Alexandre Roffat publié dans : Recrutement / Anti discrimination
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Lundi 18 décembre 2006

Dans Liaisons sociales magazine / novembre 2006, on pouvait lire des propos qui me confortent dans les positions que je défends sur le blog pourpre. Au sujet des jeunes des quartiers défavorisés, extraits de l'interview d'Azouz Begag:

"Résoudre la crise d'identité de ces jeunes passe par leur insertion dans l'emploi. Mais comment convaincre les entreprises françaises de devenir black, blanc, beur?

AB: En leur citant l'exemple de Paprec, une entreprise de recyclage de La Courneuve qui pratique la mixité sociale. En 1995, ils étaient 50, aujourd'hui, ils sont 1500. Ses dirigeants ont compris que plus les salariés viennent d'horizons divergents, plus ils convergent vers l'intérêt de l'entreprise. Les chefs d'entreprise qui profitent du vivier des jeunes de l'immigration seront en avance. A fortiori dans la persepective du papy-boom qui s'annonce pour les années à venir.Mais on peut aussi évoquer le cas de Soitec, une société grenobloise spécialisée dans les nanotechnologies qui recrute des personnes handicapées.Pour les accueillir, elle a conçu un poste de travail ergonomique, qu'elle a ensuite décidé de généraliser à tous ses salariés, ce qui lui a permis de gagner en productivité.

Pourquoi êtes-vous opposé à toute forme de discrimination positive?

AB: J'ai été l'un des premiers beurs à aller étudier aux Etats-Unios, à la fin des années 80. Et j'ai été frappé par la diversité qui régnait dans les entreprises et la société américaine. J'étais alors partisan de la discrimination positive,mais la nomination préfet "musulman" a pollué le débat. Aujourd'hui, je préfère promouvoir l'égalité des chances, à la fois pour les femmes, les jeunes issus de l'immigration,les personnes handicapés ou les seniors."

Il m'arrive d'être en désaccord avec Azouz Begag mais je le rejoins sur ces deux aspects majeurs de la lutte contre les discriminations. Pour montrer que la diversité paie il faut présenter des exemples concrêts de réussite. Par ailleurs, on ne peut se lancer "mathématiquement" dans une lutte contre la discrimination sans tenir compte des enjeux et des risques politiques et sociaux.

par Gérald Alexandre Roffat publié dans : Recrutement / Anti discrimination
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Jeudi 14 décembre 2006

Lu dans CHALLENGES N°59 :

« Principal employeur de la Seine-Saint-Denis, la RATP dépense 6.5 millions d’euros par an pour faire passer leur permis de conduire de voiture et de transports en commun à des jeunes sans qualification. Pierre Mongin a exigé l’abandon de tout critère de niveau scolaire pour être embauché. Son objectif est d’intégrer au plus vite le maximum de jeunes issus de l’immigration, de telle sorte que les conducteurs de bus ressemblent aux voyageurs qu’ils transportent. Mais un problème se pose : cette stratégie est freinée par une caractéristique de cette entreprise publique, où les enfants de salariés bénéficient d’une priorité d’embauche. »

Que font les syndicats de la RATP ? N’est-ce pas une injustice ? Un privilège à abolir ? Sous l’Ancien Régime, on pouvait léguer librement sa charge à la personne de son choix mais à condition de verser un droit annuel. Quand la RATP pratique le privilège de la naissance, les salariés ne versent rien. Vive le progrès social!!!

La RATP, service public, ne devrait-elle pas servir les intérêts de la nation qui ne s’arrêtent pas aux intérêts des salariés de la RATP ? Il me semble que la nation a intérêt à construire une société intégrée.

par Gérald Alexandre Roffat publié dans : Recrutement / Anti discrimination
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Jeudi 14 décembre 2006

Trevor PHILLIPS est président de la future Commission pour les égalités et les droits humains du Royaume-Uni. Cet ancien leader étudiant radical prend des positions de plus en plus nettes contre le multiculturalisme.

« Plusieurs représentants des minorités l’accusent d’avoir changé de camp et de ne plus lutter contre la discrimination. » selon Courrier International hebdo n° 840 - 7 déc. 2006

“Le multiculturalisme implique la ségrégation”, a-t-il déclaré en 2004. “Ce que nous devons nous demander, aujourd’hui, c’est comment construire une société intégrée, fondée sur des valeurs communes telles que la démocratie, l’usage de la langue anglaise et le respect pour la culture des îles Britanniques, pour Shakespeare et Dickens.” Courrier International hebdo n° 840 - 7 déc. 2006

Dans L'Express du 28/06/2004, on pouvait déjà lire des propos recueillis à Londres par Baptiste ABOULIAN:

« La société britannique est-elle en train de se ghettoïser, au nom du droit à la différence?
Je ne veux pas que l'on se résigne à ce que, parce qu'ils acceptent la différence des autres, les gens restent chacun dans leur coin. C'est un modèle qui est porteur de conflits et qui risque, à terme, de détruire le lien social. Je veux une société réellement intégrée, prônant l'égalité entre les hommes, non entre les ghettos.

Comment concilier le respect des cultures et la cohésion de la société britannique?
Il faut que nous ayons un vrai débat sur ce que cela signifie d'être britannique au XXIe siècle. Nous allons être amenés à accueillir encore plus d'immigrés, de nouvelles cultures vont apparaître. Tous et toutes doivent trouver une place dans une société rassemblée autour d'une compréhension commune de ce que signifie être britannique. »

Et s’il avait raison ?

Et en France, comment concilier les intérêts de tous les français et l’esprit français ? N’est-ce pas en construisant une société intégrée, fondée sur des valeurs communes telles que la démocratie, la liberté, la justice, la recherche du progrès social, le respect pour la culture et le patrimoine des départements et territoires de métropole et d’outre-mer et l’usage de la langue française ?

par Gérald Alexandre Roffat publié dans : Recrutement / Anti discrimination
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Vendredi 8 décembre 2006

Selon une récente étude des Nations Unies, deux pour cent de l’humanité détiennent la moitié du patrimoine des ménages tandis que la moitié de la population mondiale en détient 1%. On parle beaucoup de développement durable. Cette situation est-elle durable ?

Nous vivons dans une société de consommation. Toute la planète peut-elle atteindre le niveau de consommation des pays les plus riches ?

Les ressources naturelles de notre planète sont-elles inépuisables ?

Trois fois NON.

J’ai envie d’augmenter mon pouvoir d’achat pour consommer plus ! J’ai des besoins, des envies et des projets.

 

Mais nous est-il vraiment profitable de consommer toujours plus ?  Les autres, la planète et moi… notre avenir est lié. Je crois avoir besoin d’une cure de désintoxication ! Plus grave que la grippe aviaire la fièvre de la consommation risque d’avoir notre peau.

par Gérald Alexandre Roffat publié dans : Humeurs
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