Consensus social contre la discrimination positive?

Publié le par Pas de pseudo: Gérald Alexandre Roffat

On se trouve des alliés ou on peut… Jacques Chirac dénonce la « discrimination positive ». Je cite le chef de l’Etat, à l’issue de sa rencontre du 23.11.05 avec les partenaires sociaux :

« J’ai observé que tous les partenaires se sont prononcés de façon négative sur l’idée, parfois évoquée ici ou là, de quotas, estimant que ce n’était pas conforme aux principes de la République, ni à l’intérêt d’une véritable lutte contre les discriminations. »

Le choix politique est très clair. Le président ne veut pas suivre la logique communautariste et monter les français entre eux. Enfin, disons qu’il veut faire obstacle à Sarkozy. Cela retarde les échéances mais pourrons-nous échapper longtemps à la discrimination positive et aux quotas ?  Certains nous disent que cela fonctionne aux Etats-Unis. Je vous invite à relire à ce sujet Danger Discrimination positive.

Pour ma part, je pense qu’il est possible de lutter contre les discriminations à l’embauche :

1/ De la pédagogie plutôt que de la démagogie ! Qu’on sensibilise les citoyens à l’intérêt général de pas exclure certains citoyens, pour vivre ensemble de manière satisfaisante. Qu’on nous montre les coupables qui lorsqu’ils restent dans l’ombre donnent après des leçons.

2/ Le choix de sanctions pénales, rapides et médiatisées pour les auteurs plutôt que la mise en place de X commissions. Qu’on injecte l’argent dans le système judiciaire pour qu’il travaille plus vite plutôt que de le verser à des « « experts » » qui ne savent pas quoi en faire. Je vous invite à relire à ce sujet Dépénalisation de la discrimination.

3/ De l’empathie plutôt que de l’égoïsme !

Publié dans Orange

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Malick De Billal 14/09/2006 19:47

A ceux qui rêvent de la discrimination positive comme la solution pour soulager les victimes de racisme et de la discrimination, je tiens à apporter mon expérience personnelle et j'en suis convaincu illustrera bien des personnes sur les desseins de cette politique d'hypocrites. Nous disposons d'arsenal législatif (Droit de l'homme ratifié par la France et dont une volonté judiciaire pourrait conférer un effet tranchant dans la lutte contre le racisme et les discriminations, des directives européenne et des lois nationales en matière de répression du racisme). Pourquoi concevoir une loi digne d'un écran de fumée? Pourquoi une loi d'exception quand l'on peut par une volonté judicaire et politique faire appliquer la loi tout simplement?

 

J’appartiens à un corps de métier qui ne souffre aucunement du chômage à tout niveau! Assis à coté des soi-disant concepteurs de ce concept fumeux! Sauf que j'ai rencontré le racisme sur le chemin de l'entreprise et cela se voit dans la politique réelle de lutte contre les discriminations et le racisme.

 

Je vous traduis certes schématiquement mais véridique, mon vécu ces six dernières années :

 

Importants et prestigieux cabinets de recrutements recherchent pour un client, une multinationale qui dans le cadre de sa politique de « discrimination positive »,  rechercherait des jeunes diplômés africains dans les domaines des mathématiques, statistiques, physiques et économie.

 

Nous assurons formation et un cadre professionnel ainsi qu’un avenir radieux si vous nous permettez de faire des tests de profiling afin de relooker l’image de notre confrérie suite au  racisme et aux tracasseries discriminatoires dont se rendent coupables certains de nos membres à l'égard d'un cadre africain.

 

Votre premier rôle en guise de période d’essai, consistera à faire acte de candidature aux annonces que nous publions. Dans le cas ou ce cadre noir qui ose ester en justice pour défendre ses droits postule, vous serrez alors assurer d'être sélectionné et bénéficierez de notre programme de discrimination positive.

 

Attention en contrepartie, sachez que nous ne tolérons aucun désordre. Nous favorisons la discrimination positive mais ne luttons nullement contre le racisme. En cas d’actions malencontreuses à vos égards résultant du racisme, vous serrez licencié et nous prendrons comme il l’a été pour vous un autre africain plus compréhensif.

 

Si vous êtes intéressé, je vous invite à vous affilier auprès de notre partenaire MamadouAgora ou à scruter nos offres sur Monster.

 

Par ailleurs, en cas d’expérience fructueuse, soyez assurer de notre soutient pour faire intégrer votre association locale dans le cercle très prestigieux de l’association internationale des amoureux des mathématiques; de la statistique appliquées à la finance.

 

En toute clarté, vous pourriez intégrer de prestigieuses compagnies affiliées à notre programme de « discrimination positive.

 


 

Vive la diversité !

 

Ce n’est plus le français mais les origines qui sont rappelées si ce n’est la religion !
A méditer….

Gérald Alexandre Roffat 21/09/2006 16:49

Malick De Billal,
Merci pour votre contribution. Pour ou contre la discrimination positive? Débat difficile. Avons-nous intérêt à importer cette solution, sur le terrain de la lutte contre les discriminations raciales ? Je ne le crois pas.
L'arsenal législatif existant me semble en effet suffisant contrairement aux moyens...
La brigade des affaires sanitaires et des libertés publiques s'occupe des infractions dans les domaines des libertés publiques, de l'état civil, de la presse, du racisme, des associations, des professions judiciaires et juridiques, des atteintes à l'autorité de la Justice, de correspondances, de santé publique, de contrefaçons et de sectes.
Cela fait beaucoup pour une brigade qui à ma connaissance est réduite et écrasée par le nombre de dossiers !
On peut créer de nouvelles dispositions législatives ou réglementaires et créer la Halde. Si la volonté politique est faible, tout cela n’est que de la poudre aux yeux ! Espérons que les choses changent, que les mentalités évoluent. Je veux le croire.
Cordialement,
Gérald Alexandre Roffat






Malick De Billal 14/09/2006 19:41

Juste pour ajouter cet article que j'ai lu sur un blog fort interessant sur la discrimination dite positive.
De la discrimination positive dite "à l'américaine"

 

Les Amériques nous sont mal connues. Et il est parfois tentant de leur prêter plus qu'elles n'en demandent. Ainsi du fameux "homard à l'américaine", qui n'a jamais franchi l'Atlantique, mais fut créé au très parisien restaurant Bonnefoy en 1857, recette reprise par le "Café américain".
Vainement, au reste, mes bons lecteurs chercheraient-ils dans le "homard Thermidor" une forme de contre-modèle culinaire issu des lumières. Il semble en effet que les accents révolutionnaires du noble crustacé ainsi accomodé nous viennent d'une de ces astuces de boulevards ; il s'agissait d'honorer la première de
la pièce Thermidor
de Victorien Sardou dans une célèbre cantine adjacente. En 1891, donc.
Qu'en est-il de la désormais fameuse "discrimination positive à l'américaine", dont les descriptions - fort allusives - ont de quoi inquiéter et surprendre ; si bien que Nicolas Sarkozy se défend d'y souscrire dans une tribune publiée au Figaro ?
Laissons de côté les équivoques du débat français pour nous intéresser à la question telle qu'elle s'est posée aux Etats-Unis.

Principes de l'Affirmative action

L'affirmative action repose sur deux principes :
Le premier est que si des situations égales doivent être traitées de façon égale, des situations différentes doivent être traitées de façons différentes.
Le second est que la "race" peut constituer un critère de distinction susceptible de fonder une distinction entre les situations. Il ne faudrait pas croire, cependant que la race est le fondement de la différence de traitement. Elle se présente comme un instrument qui permet de saisir statistiquemement (de façon suffisamment générale) une situation. Ainsi, il ne s'agit pas de pratiquer une préférence à l'emploi à raison de l'appartenance à une minorité raciale, mais parce que les individus qui appartiennent à cette minorité raciale souffre (en général) de difficultés à accéder à l'emploi à raison même de cette appartenance.
Ainsi, certaines mesures de préférence existe en France pour l'accès des mères de familles aux emplois publics, non pas à raison de la maternité per se, mais parce que la maternité constitue un obstacle statistique à l'accès à l'emploi.

Brève histoire de l'affirmative action aux Etats-Unis

Tout commence avec la loi du 2 juillet 1964 relative aux droits civils. Le titre VII prescrit l'établissement de traitements différentiés à l'embauche et lors de l'évolution de la carrière fondés sur la race, de la couleur (ce qui doit être distingué, donc, de la race), le sexe, l'origine religieuse ou nationale. Ce sont dans les sanctions que l'on voit intervenir l'emploi du terme affirmative action. En effet, il est fait devoir au juge qui constate une telle discrimination de prendre toute "affrimative action" appropriée pour y remédier. Il s'agit en l'occurrence d'ordonner la réintégration ou le recrutement de la victime de
la discrimination. Dès
l'origine donc, l'affirmative action se présente comme une mesure de réparation, ou de remède à une situation défavorable. Mais elle a également pour fin d'éviter que la situation ne se reproduise ; d'où une série de pouvoirs conférés au juge.
L'executive order du 25 septembre 1965 prévoit des mesures analogues dans le cadre des contrats passés avec l'Etat. Les entreprises qui y prétendent doivent assurer une politique de recrutement aveugle aux critères sus-évoqués. La sanction de l'absence d'une telle politique réside dans la possibilité pour l'adminsitration fédérale de mettre fin aux dits contrats. L'importance de ce texte est qu'il fait reposer la mise en oeuvre des politiques anti-discriminatoires sur la volonté des acteurs privés.
L'évolution du principe posé par les textes de 1964 et 1965 intervient de deux manières : d'une part, l'administration s'avise que l'égalité des chances ne peut résider seulement dans l'abstraction de proclamations. L'idée est que si l'individu doit franchir des obstacles pour accéder aux biens et honneurs promis par le modèle américain, encore faut-il que la compétition soit raisonnablement loyale (fair). Aussi bien l'égal accès à l'éducation et à l'emploi sont-ils une condition de la compétition individuelle qu'il convient d'assurer. C'est pourquoi, d'autre part, il est nécessaire d'assurer la déségrégation scolaire.
C'est là l'oeuvre de la Cour suprême, dans un arrêt Green v. New Kent County Scholl Board (1968). L'idée qui préside à la décision est que le seul jeu des forces sociales ou des mentalités ne permettra pas d'assurer la déségrégation entre populations noires et blanches. Il incombe aux autorités, donc, de garantir
la déségrégation. Celle-ci
ne constitue pas seulement une condition, mais un objectif à atteindre. C'est pourquoi pèsent sur les autorités une obligation positive. Cette obligation positive peut se résoudre dans la prise en compte du critère racial pour établir des mesures de déségrégation (Swann v. Charlotte-Meckenbourg Board of education 1971).
Dans l'arrêt Griggs v. Duke Power Co. (1971), la Cour suprême franchit une nouvelle étape. L'application de la législation anti-discriminatoire ne doit plus résulter de l'intention discriminatoire, mais doit prévenir les discriminations structurelles. En d'autres termes, la satisfaction aux exigences de non discrimination ne réside pas dans la garantie d'une procédure colour blind (aveugle à la couleur), mais dans l'obtension d'un résultat objectivement mesurable en termes de non discrimination. Il s'agit pour ce faire de se référer à des indicateurs chiffrés de parité statistique. Naturellement, une telle position n'est pas exempte d'ambiguïtés qui alimentent les fantasmes français (voy. infra : le problème des quotas).
Toujours est-il que les principes de l'affirmative action sont en place qui vont intervenir dans deux domaines principaux : les politiques préférentielles dans les entreprises, et les politiques d'intégration prioritaire dans les administrations et les universités. Il convient à cet égard de noter que les politiques dont il est question ici représentent une multiplicité de procédures dont il convient d'évaluer l'effet. En aucune manière la législation américaine n'impose-t-elle avec précision les conditions de recrutement dans une entreprise (une administration) ou d'admission au sein d'une université. C'est donc à l'occasion de la contestation des mesures mises en place de façon autonome et volontaires par les différentes institutions que se dessine le contour de ce qu'on appelle de façon générale l'affirmative action.

Le problème des discriminations à rebours

Le problème constitutionnel de l'affirmative action a été soulevé principalement par les victimes de ce qu'on peut appeler une "discrimination à rebours". En effet, la pratique du "busing" qui consistent à assurer la mixité raciale (et sociale) par le déplacement d'enfants noirs dans les écoles blanches (et inversement) a été fort mal accueilli. Ainsi également des politiques d'intégation préférentielle au sein des universités. C'est que si on favorise l'intégration d'un membre d'une minorité, on défavorise le membre de
la majorité. L'affirmative
action crée des discriminations à rebours. Par ailleurs, les mesures de non discrimination sont conçues, d'un point de vue collectif, comme une entreprise de rattrapage des discriminations opérées dans le passé (voy. infra : le problème des minorités).
Cependant, ceux-là même qui aujourd'hui subissent l'effet d'une discrimination à rebours ne se sentent pas comptable des "fautes collectives" commises par leurs ancêtres. Comme l'ont souligné du reste les membres de la communauté juive, ils ont été eux-mêmes discriminés lors de leur arrivée aux Etats-Unis, se sont battus pour les droits civiques, et subissent néanmoins l'effet des politiques d'affirmative action (ce qui explique l'évolution d'une partie de la communauté juive vers un vote conservateur pendant les années 1980'). Remarque au fil de la plume : il me semble que c'est à ce type de raisonnement qu'Alain Finkielkraut adhère lorsqu'il défend un modèle colour blind en évoquant son histoire personnelle.

La question des minorités

La question est souvent présentée en France comme une seule question raciale ; et l'on surprend parfois un sourire lorsqu'il est fait état de ce que les femmes font partie d'une "minorité". Cette incompréhension résulte d'une méprise sur le sens du terme "minorité" tel qu'il est entendu par la jurisprudence américaine, et des fondements des critères employés pour assurer la discrimination positive.
En effet, l'idée qui préside aux politiques d'affirmative action est celle d'un rattrapage historique. Ces politiques reposent donc sur une considération de l'histoire juridique (constitutionnelle) et ont une vocation essentiellement provisoire. En effet, constituent des minorités ces groupes de personnes qui ont été défavorisées juridiquement (ou pratiquement) par l'histoire lors de l'accès à l'éducation ou l'emploi. Il faut donc comprendre que la race (ou la couleur) ne constitue un critère de l'intégration préférentielle que parce qu'elle a juridiquement constitué un critère de discrimination historique. Ainsi des discriminations qui ont affecté les femmes, les populations indiennes ("natives"), ou hispanisantes. Une remarque sur la situation française à cet égard. Il est loisible, à consulter l'histoire juridique française, d'observer que le critère ethnique a bien constitué un instrument de discrimination juridique. En témoigne du reste l'histoire du(es) droit(s) colonial(aux).
La notion employée par la doctrine américaine pour illustrer cette idée est celle de "stigmate". De l'humiliation portée par les règles de droit résulte la permanence sociale des discriminations dans l'univers social (le stigmate est la marque qui ne s'efface pas alors même que la plaie a disparu), ce qu'il convient de réparer. Ou, si l'on veut : à cause juridique, solution juridique.
Les adversaires de l'affirmative action (dont la bourgoisie noire conservatrice) font valoir le caractère stigmatisant des politiques de rattrapage, en ce qu'elles présument l'incapacité de leurs bénéficiaires à profiter de l'une situation d'égalité ; c'est, autrement dit, poser leur infériorité. Tel n'est pas, cependant, le postulat subtil de la doctrine favorable à l'affirmative action qui se désintéresse de la compétence ou des mérites des individus, pour s'en tenir à l'idée que la "cicatrice historique" (le terme est de moi) pèse sur le rapport des individus entre eux, et non sur les individus eux-mêmes.

La question des quotas

Pour finir, il s'agit de tordre le cou à une idée bien reçue sur les politiques américaines d'affirmative action. On peut souvent lire ou entendre que le modèle américain repose sur des quotas. Ainsi, dans les administrations ou les université, il existerait un pourcentage de chaque minorité à intégrer. Rien n'est plus faux.
La Cour Suprême
a d'ailleurs eu l'occasion de se prononcer sur une technique de cet ordre dans l'arrêt University of California Regents v. Bakke dès 1978.
Ce qui, il est vrai, a pu porter à confusion, c'est l'argument exposé dans Swann selon lequel : "un ratio mathématique peut servir de point de départ utile dans l'élaboration d'un remède destiné à corriger les violations de la Constitution intervenues dans le passé". Il ne faut pas se méprendre cependant, le ratio mathématique ne constitue pas une méthode, mais une façon de mesurer l'objectif à atteindre, et si cet objectif a été atteint. En d'autres termes, la Cour suprême ne prescrit nullement l'utilisation de quotas, mais souligne que les statistiques constituent un instrument de mesure de la situation de ségrégation.
Il faut, il est vrai, avoir égard au "plan de philadelphie" en date du 27 juin 1969. Celui-ci visait à imposer aux entreprise contractant avec l'Etat le recrutement prioritaire de membres des minorités jusqu'à ce que ceux-ci constituent un pourcentage du personnel. Il convient d'observer que malgré l'utilisation rétorique qui en a été faite par les adversaires de l'affirmative action au Sénat, le plan de philadelphie repose non pas sur des quotas, mais sur des objectifs que s'engagent à atteindre des entreprises contractantes. Les moyens de ces objectifs sont laissés à la libre apprécation de ces dernières. L'appréciation, du reste, du respect des engagements de l'entreprise ne repose pas sur la réalisation des objectifs, mais sur les efforts mis en oeuvres pour le réaliser. Une politique des quotas excluerait qu'une telle appréciation put être faite ; cela même si la réalisation des objectifs chiffrés constitue assurément le meilleur moyen de ne pas encourir les sanctions de l'administration.
Dans University of California Regents v. Bakke, la Cour suprême a jugé que si la race pouvait constituer un critère d'admission au sein d'une procédure collective, l'établissement d'une procédure réservée aux minorité conduisait à insulariser une catégorie de personne à raison de sa race, ce qui est contraire à la Clause d'égal traitement. C'est à cet égard qu'on peut juger qu'une procédure de quotas n'est pas conforme aux principes de l'affirmative action, car elle vise à faire échapper une catégorie de personnes à la compétition collective ; ce qui est contraire aux finalités des politiques (fussent-elles réparatrices) d'affirmative action.
Ce n'est pas la moindre des ironies, pour conclure, que d'observer que la politique d'accès préférentiel à l'Institut d'études politiques encourre très exactement le reproche fait par
la Cour Suprême
des Etats-Unis à l'instrument des quotas. Autrement dit, au nom d'une politique française de discrimination positive, on réalise très exactement ce que l'on prête aux Etats-Unis. L'ensemble de ce billet résulte d'une lecture de l'ensemble de la thèse de doctorat de Madame Gwenaëlle Calvès ''L'Affirmative action''' dans la jurisprudence de la Cour Suprême des Etats-Unis. Le lecteur intéressé par ces questions y trouvera une mine d'informations et de réflexions passionnantes. Il ne faut pas se laisser rebuter par la dimension scientifique. Ce travail se lit comme un roman, explique les enjeux politiques et argumentatifs de la question en des termes clairs qui honorent la recherche française. On peut y vérifier - même si tel n'est pas le propos de l'auteure - que la question de l'égalité et des discriminations est bien avancée outre Atlantique, lorsqu'elle demeure résolument incantatoire et maigrement considérée en France.
De la même auteure, on peut lire également le Que sais-je ? La discrimination positive. Je recommande quand même de prêter attention à la thèse, centrée sur les questions américaines.

 

Oliviegntchik 26/11/2005 20:21

salut.

je ne suis pas sur qu'il existe ce consensus contre la discrimination positive. Je pense surtout qu'on cherche à nous l'imposer par touchette, progressivement, tout en ne cherchant pas a effrayer.

1) il existe aujourd'hui une forte demande d'action supplémentaires : en clair, on a rien su faire jusqu'au aujourd'hui - ce qui au passage est completement faux - donc on ne peut plus rester comme ca, donc donnons des emplois a ceux qui en ont le plus besoin .

2) la victimisation va toujours bon train. Je lisais hier encore un nouveau blog emploi ou la personne pensait que son prénom - devant être "exotique" - avait suffit à l'ecarter parce que le recruteur lui avait demandé de quelle origine cela pouvait bien être.

Je connais un certain nombre de personnes qui ont des prénoms plus ou moins bizarroides pour nos oreilles, qui font qu'à chaque fois qu'on les rencontre ce sujet attire l'attention, du moins le questionnement sans qu'il soit une manoeuvre pour savoir si on "est immigré ". alors on va reparler cv anonyme,masquage des adresses, des noms, des prénoms, des lieux de résidence, de tout. voila ce a quoi 20 ans d'anti-racisme généralisé a abouti : grand succès !

hier je recevais un mail d'un charmant journaliste bulgare au doux prénom de petar. que n'aurait on dit s'il avait du couvrir les emeutes de banlieue :)

Ce soir, je voyais le CRAN, les associations noires de France. Je t'avoue que cela m'a fait un choc.
Basile boli nous expliquant qu'avec sa gloire, "il etait devenu un noir blanc, enfin vous comprenez".
oui, surtout que l'argent permet bien des choses et en facilite d'autres.

bien sur, le communautarisme etait refusé, mais deja les messieurs se posaient en interlocuteur des politiques, et du Medef.

Si je lançais l'AFBP, l'association des français blancs de peau, injustement discriminés dans les quartiers car ils supportent toutes les difficultés, que n'entendrais je pas !

les noirs de france, les blancs de france, les jaunes de France. Et ceux qui ne sont pas vraiment noirs ni blancs, les plus discrimnies, pas assez noirs pour entrer dans le quota noir, mais pas assez blanc pour etre bien vu , on va jamais s'en sortir avec ces conneries.

je ne suis pas optimiste sur ce sujet.
la discrimination positive arrivera sous une forme ou une autre, surtout en changeant les termes et en coupant les cheveux en quatre pour justifier ce qui hier ne l'etait pas.

l'exemple dans le commentaire ci-dessus montre qu'etre issu d'une minorité ne signifie pas non plus être doué d'un potentiel incroyable et apporter richesse et bonheur à ceux qui les emploie. Ni plus ni moins qu'avec d'autres personnes d'origine les plus diverses.

je ne vois aucune solution dans ce domaine. Et c'est pour cette raison que la discrimnation positive sera retenue in-fine. Donner l'illusion d'avoir fait quelque chose. De pouvoir montrer quel chose.

le principe n'est jamais que de rendre certains plus egaux que d'autres. tu verras que la notion d'egalité va nous amener des heures de debat et de cris de vierge outragée pour accoucher d'une souris.


Pas de pseudo: Gérald Alexandre Roffat 27/11/2005 20:30

Dans une société ou l’intérêt général n’est plus qu’une idée abstraite, on voit fleurir les comportements décris par « citron pré C ».  Dans une société ou l’individu est roi, l’objectif principal de l’homo-individualiste est de baisser au minimum sa contribution et d’augmenter au maximum sa rétribution.
Une multitude de personnes se glorifient de « gratter » (tirer profit de, en « argot » contemporain) l’Etat ou telle entreprise. Untel touche des indemnités chômage et travaille au noir. Untel se fait récemment élire délégué syndical pour se mettre à l’abri et lever le pied dans l’attente de décrocher un CIF. La France est le royaume des combines et des affaires (la classe politique est à ce sujet « exemplaire »).  Est-ce le sombre héritage de l’occupation et de son marché noir ? Presque tout le monde s’y met : « C’est tombé du camion ! »
Que pensent certains fonctionnaires qui veulent préserver leur retraite à 55 ans, que ma génération va bosser jusqu’à 75 ans pour leur payer ? On mange les enfants qui de toutes manières ne respectent plus les parents. C’est le règne du chacun pour soi, la loi de la jungle. Pas étonnant de voir sortir les fauves à la nuit tombée… La vache à lait est bien trop belle !!!
Je ne pense pas, en effet, qu’il existe un consensus contre la discrimination positive. « On va nous la faire à l’envers » diraient certains. Comme pour l’Europe et comme pour la Turquie…
Je ne veux pas montrer du doigt tous les étrangers qui résident en France pour ne pas blesser ceux qui aiment la France. Ce serait ignorer que le mal est plus profond que la simple question de l’immigration. Je connais de nombreux français « de souche » qui se comportent comme des vampires. Par contre, je pointe mon doigt sur ceux (français et/ou étrangers) qui pensent que la société Française est une vache à lait, qu’on peut la traire ou lui sucer le sang sans en payer le prix. Je les accuse de nous conduire à la désintégration par la confrontation.
Je ne sais pas ou se cache la déesse raison. Existe-t-elle seulement ?
De la raison, il nous en faudra pour faire la part des choses. Dans le contexte qui est celui de la France d’aujourd’hui, la lutte contre les discriminations à l’embauche devrait être une priorité.  Dans le contexte qui est celui de la France d’aujourd’hui, j’affirme que la discrimination positive serait une erreur politique lourde de conséquences. Il ne faut pas monter les français entre eux. Cela ne donne jamais de bonnes choses. La discrimination positive déclenchera toutes sortes de revendications catégorielles et communautaires.
Les politiques doivent travailler à redonner confiance aux français, à les faire redécouvrir leurs valeurs :
1/ La liberté d’entreprendre
2/ La liberté d’expression (contre le politiquement correct),
3/ L’école publique laïque (puisqu’il nous faut assumer notre révolution) afin d’assurer une culture et un sens critique aux futures générations.
4/ L’égalité des chances devant l’emploi, par le droit offert à chacun de s’instruire et de se former à tout âge.
5/ La fraternité par la valorisation de l’identité française qui seule assure la cohésion nationale.
6/ Liste non exhaustive…
Pour ceux qui haïssent le concept de nation, j’aimerai bien savoir ce qu’ils proposent. Pour ma part, je pense que la nation est ce qui se fait de mieux en matière d’organisation humaine, pour le moment. On peut aussi penser que c’est ce qui se fait de moins mauvais. Je pense qu’il existe un instinct national de survie et que le résultat du référendum sur le traité constitutionnel le prouve.
Si on ne veut pas basculer totalement dans le bourbier de la guerre civile, il faut dire et répéter qu’on ne reconnaît en France qu’une communauté, la communauté nationale. La France est une et indivisible (ce qui ne veut pas dire qu’on ne doit pas s’associer à d’autres nations dans divers domaines). 
Une petite piqûre de rappel  ?
PRONOSTIC 2002
Source : Enquêtes Sofres réalisées pour Le Nouvel Observateur
A votre avis, entre Lionel Jospin et Jacques Chirac, qui a le plus de chances d'être le prochain Président de la République ?



















 








13/15.02.02


27/28.02.02


13/16.03.02




J. CHIRAC


46


44


36




L. JOSPIN


25


28


36




Sans Opinion 


29


28


28






Comme en 1793, chez les Parisiens : "Unité, indivisibilité de la République ; liberté, égalité ou la mort".

citron pré C 26/11/2005 17:26

Oui tu as sans doute raison. Je vais te raconter une histoire:Il y a 3 ans notre petite entreprise de maintenance industrielle faisant de l'embauche. Nous étions 20. Au regard des CV nous avons décidé d'avoir un entretien notamment avec 3 jeunes entre 19 et 25 ans 1 Algériens, 2 marocains; A l'issue de ces entretiens compte tenu de leur potentiel, nous leur avons fait signer un CDI.Nous leur avons fait suivre pour environ 3 mois de stage a nos frais. Depuis: l'un d'eux s'est mis en longue maladie et nous a attaqué aux prud'hommes pour soi disant licenciement abusif (Il a été débouté ce qui est trés rare dans ce cas) Au bout d'un an un autre estimé que les déplacements qu'il efectué( au frais e la société) étaient trop fatiguants et nous menacait en permanence de ne pas se rendre sur les chantiers. Ilnous a quitté depuis. Il n'en reste qu'unce n'est malheureusement pas celui qui avait le potentiel le plus important. Parmi les 2 qui sont partis lun était susceptible de passer contrmaitre, et l'autre pouvait espérer une place de chef d chantier dans les 5 ans! Compte tenu de ce que cela a couté à l'entreprise, il est évident que nous sommes maintenant réticents aux vu des diférents CV. Nous ne disons pas que parmi ceux qui ont un nom bien de chez nous il n'existe pas le même genre de comportement, mais cela ne nous engage pas à refaire la même expérience?. Pour une entreprise de 20 agents cela nous a couté trés cher.