Sciences et Avenir

Publié le par Gérald Alexandre Roffat

L’information est dans le journal Challenges du 24 au 30.11.05. Dans un rapport de la National Academy of Sciences, des scientifiques, des dirigeants d’entreprise et des universitaires américains s’inquiètent du risque de perte de leadership US, en matière de science et de technologie. Je cite les auteurs du rapport : « Pour la première fois depuis des générations, les enfants de ce pays pourraient avoir moins de perspectives que leurs parents et leurs grands-parents […] Nous devons notre prospérité actuelle, notre sécurité et notre bonne santé aux investissements qui ont été faits dans le passé. Nous devons renouveler ces efforts. »

Le rapport recommande notamment « de maintenir de bonnes conditions de travail pour la recherche et son apprentissage à l’université. »

L’Histoire nous montre en effet que les scientifiques suivent les moyens. Depuis plusieurs années, on constate en Europe aussi une désaffection des jeunes pour les carrières techniques et scientifiques. Ce phénomène est porteur de dangers pour la pérennité de l'économie et donc du modèle social européen.

Selon les citoyens européens, des cours scolaires ennuyeux et l’absence de perspectives dans le domaine scientifique constituent les principales raisons de la perte d’intérêt de la jeunesse européenne vis-à-vis des études et des carrières scientifiques.

On constate, par exemple, depuis peu que les scientifiques indiens qui émigraient beaucoup dans le passé trouvent aujourd’hui des perspectives de plus en plus intéressantes en Inde. C’est tant mieux pour l’Inde et les indiens. Pour nous (les leaders historiques), cela signifie que non seulement nous n’arrivons plus à produire suffisamment de scientifiques mais qu’en plus notre pouvoir d’attraction est en chute libre.

L’Etat s’endette pour satisfaire des intérêts catégoriels depuis une trentaine d’années. Il est temps d’investir sur l’avenir, au-delà de 2007 et des intérêts personnels.

En France, l’enveloppe totale dédiée au financement des pôles de compétitivité est portée à 1.5 milliard d’euros sur 3 ans. Cela donne 500 millions d’euros par an. A titre de comparaison, les dernières émeutes urbaines vont coûter 200 millions d’euros.

Publié dans Rouge

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