Quand une France critique le modèle républicain de l’autre France

Publié le par Gérald Alexandre Roffat

« La crise des banlieues a démontré les failles du modèle républicain en matière d'intégration au marché du travail. »

Propos de Mme France Pelletier à Focus RH: Diplômée au MBA, spécialisée en ressources humaines et gestion des systèmes d'information, elle assume depuis juin 2002 la direction du service Équité en emploi et diversité de la Banque Nationale du Canada, à Montréal. France Pelletier est membre du Conseil des partenaires d'Immigration et métropoles, un centre de recherche interuniversitaire montréalais visant entre autres le développement de stratégies pour l'intégration des immigrants sur le marché du travail.

http://www.focusrh.com/cgi-bin/site/site-newsview.pl?Cty=fr&Mail=&News=051215hxsxzh&Motcle=Mot-clé&Start=0

L’originalité du modèle canadien tient dans la reconnaissance des distinctions entre les citoyens, selon Mme Pelletier. Si la présentation du modèle canadien présenté dans l’interview est intéressante, quid de son efficacité ? On ne sait pas.

Peut-être que l’absence d’émeutes au Canada suffit à prouver la suprématie du modèle canadien. Permettez-moi d’en douter.

Quand on évoque les limites de ce modèle, Mme Pelletier indique : « Il arrive que des hommes blancs, Québécois “pure laine”, se disent discriminés. »

L’intervieweur n’a  pas juger opportun de lui demander le sens de « pure laine », par opposition à quoi ? C’est bien dommage.

La mise en œuvre de quotas, animée par les meilleurs intentions du monde porte le germe d’une distinction risquée, chez les « moutons », entre « moutons pure laine » et « moutons noirs », « moutons à laine impure » ou je ne sais…

Attention à ne pas faire rentrer le loup dans la bergerie !

« La crise des banlieues a démontré les failles du modèle républicain en matière d'intégration au marché du travail. »  Qu’est-ce qui lui permet de tirer cette conclusion ?

« Le déclencheur de ces événements est le décès de deux adolescents, Zyed Benna (17 ans) et Bouna Traoré (15 ans), de Clichy-sous-Bois, morts par électrocution dans l'enceinte d'un poste source électrique alors qu'ils se seraient crus (à tort selon les autorités policières) poursuivis par la police. » source wikipedia

Que pouvaient donc craindre ces adolescents, un contrôle d’identité, une arrestation, autre chose ? Personne ne se pose la question. Les médias français et étrangers concentrent leur attention sur la crise du modèle français et pointent du doigt la discrimination à l’embauche.

N’est-ce pas le « fantasme » ou la « réalité » d’une police comme agent d’oppression républicain qui a poussé des jeunes à fuir et d’autres jeunes à déclarer l’insurrection contre la République et ses symboles ? Peut-on parler d’émeutes anti-police, comme : http://www.wsws.org/francais/News/2005/novembre05/0211005_EmeuteFrance.shtml

Peut-on parler d’émeutes anti-républicaine voire anti-française ? Dans un pays ou l’hymne national est sifflé à domicile, on peut se poser la question.

D’autres pays connaissent ou ont connu des émeutes raciales ou religieuses :

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2005/12/12/007-emeutes-sydney.shtml

http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=58347&provenance=zop.archives

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=4878

On notera que bon nombre  d’anglo-saxons prônent aujourd’hui la suprématie du modèle de reconnaissance des différences, sur le modèle français. A mon sens, la revendication et la défense d’intérêts catégoriels communautaires et raciaux développent le repli sur soi et la haine de l’autre. Lire à ce sujet :

http://www.lepoint.fr/dossiers_france/document.html?did=170257 Je cite un extrait :

« On s'entête sur des motifs idéologiques à nier l'existence d'un repli communautaire en France, s'énerve Calixte Beyala. En refusant de voir la réalité en face, on obtient l'inverse du résultat escompté, puisque l'on encourage le sentiment d'appartenance à une communauté. Aujourd'hui les jeunes de 14-15 ans qui vivent dans ces quartiers sont incapables d'écouter un Blanc. »

La crise des banlieues a démontré les failles du modèle républicain en matière de cohésion nationale.

Aujourd’hui, le Ministre de l’intérieur et de l’aménagement du territoire et ses fonctionnaires sont  persona non grata dans certaines banlieues de métropole et dans certaines îles (Corse, Martinique).  Pour être plus précis, disons que certains groupuscules sont à l’origine de cette « interdiction ». L’erreur serait encore une fois de distinguer et d’opposer différentes populations au sein de la Nation.

Il ne me paraît pas judicieux, pour construire « le vivre ensemble », de mettre l’accent sur ce qui nous différencie voire nous oppose. Au contraire, mettons l’accent sur ce qui nous rassemble. La cohésion (sociale, territoriale, etc.) nationale est menacée. Nous pouvons continuer à suivre le mouvement en faveur de la discrimination positive et des quotas, comme des moutons, biens encadrés (par certains médias). Nous pouvons faire un autre choix. Celui que je défends sur LE BLOG POURPRE, depuis bientôt un an.

Smiley mouton_corde.gif Alors ?Smiley mouton_corde.gif

Publié dans Orange

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