18 Décembre 1865

Publié le par Gérald Alexandre Roffat

18 Décembre 1865, date de l’abolition de l’esclavage aux Etats-Unis, 17ans après la France, 56ans après le Danemark mais 28ans avant la Turquie.

Je vous invite à découvrir quelques dates d'abolitions de l'esclavage dans le monde. On y découvre que le facteur religieux n’est historiquement pas très significatif, à mon sens.

L'esclavage est encore pratiqué de nos jours dans certains pays. Il est courant au Soudan ou «les djihadistes de Khartoum ont voulu imposer une culture arabe dans un pays majoritairement peuplé de noirs». Pour mémoire, une affaire a été révélée en France en 1998 qui laisse à penser que si l’esclavage d’Etat n’existe plus en France, la vigilance ne doit pas se relâcher face à l’émergence d’un esclavage de type privé.

Publié dans Jaune

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CGAR 05/03/2006 20:40

Christian Solidarity International, "ONG" suisse, rachete des femmes et des enfants aux esclavagistes du Soudan. Nous sommes en 2006!!!

Éviter l'amalgame entre colonisation et esclavage 31/12/2005 11:57

Éviter l'amalgame entre colonisation et esclavage

«Le christianisme n'a pas entériné l'esclavage. Mais il ne l'a pas non plus interdit»
[30 décembre 2005]
 
Le malentendu actuel sur l'article 4 de la loi du 23 février 2005 relatif à la reconnaissance des aspects positifs de la colonisation française vient de ce que la plupart des protestataires amalgament l'esclavage, la traite et la colonisation européenne de l'Afrique.

Les ancêtres des actuels Antillais n'ont pas été déportés par des Européens colonisateurs de l'Afrique, mais par des marchands européens qui venaient acheter une «marchandise» que produisait et vendait l'Afrique noire : l'esclave noir. La fourniture des quelque 12 millions d'esclaves de la traite atlantique a été une affaire afro-africaine. De longue date sillonné par les voyageurs musulmans, l'intérieur de l'Afrique est demeuré jusqu'au premier tiers du XIXe siècle inconnu aux Européens. Des négriers noirs se chargeaient de la capture des esclaves, de leur acheminement jusqu'à la côte et de leur vente. Les Etats exportateurs d'esclaves de la côte atlantique de l'Afrique noire considéraient ce trafic comme leur commerce naturel.
Les Européens n'ont pas inventé la traite des Noirs, qui existait déjà depuis des siècles à destination du monde musulman. En effet, l'islam, tout en invitant les maîtres à une plus grande bienveillance envers leurs esclaves, a entériné l'institution de l'esclavage. La religion musulmane autorise à posséder des esclaves. Dès le haut Moyen Age, le monde musulman est devenu le grand importateur d'esclaves. Dans les premiers siècles de l'islam, de nombreux Blancs d'Asie et d'Europe sont déportés en terre musulmane. En particulier, des Slaves (d'où les termes «esclave», «ex-slave») sont massivement capturés dans des razzias et, au mépris des excommunications, vendus par les Vénitiens ou les Marseillais aux musulmans d'Egypte. Mais, parallèlement, la demande d'esclaves du monde arabo-musulman entraîne la mise en route de deux courants de traite en provenance d'Afrique noire. L'un, terrestre, conduit les esclaves du subcontinent noir au nord de l'Afrique à travers le Sahara (traite transsaharienne). L'autre, maritime, achemine les esclaves noirs des ports de la côte est de l'Afrique jusqu'au Moyen-Orient (traite orientale). Il semble qu'au total, entre le milieu du VIIe siècle et la fin du XIXe siècle, les traites musulmanes aient déporté un nombre de Noirs nettement supérieur à la traite européenne.



D'ailleurs, outre les traites musulmanes, il existait dans l'Afrique noire de l'époque médiévale et moderne de vastes réductions en esclavage et un important trafic interne d'esclaves (traite interne). L'arrivée des navigateurs européens a été providentielle pour le commerce des Etats riverains du golfe de Guinée, trop éloignés du Sahara pour qu'ils y écoulent leur surplus d'esclaves. Il y avait là une offre d'esclaves prête à satisfaire d'éventuels acquéreurs.
A la différence de l'islam, le christianisme n'a pas entériné l'esclavage. Mais, comme il ne comportait aucune règle d'organisation sociale, il ne l'a pas non plus interdit. Pourtant, l'idée d'une égalité de tous les hommes en Dieu dont était porteur le christianisme a joué contre l'esclavage, qui disparaît de France avant l'an mil. Cependant, il ressurgit au XVIIe siècle aux Antilles françaises, bien que la législation royale y prescrive l'emploi d'une main-d'oeuvre libre venue de France. L'importation des premiers esclaves noirs, achetés à des Hollandais, se fait illégalement. Puis, à partir du milieu du siècle, l'explosion de la monoculture sucrière sur le modèle des Antilles anglaises provoque un recours massif aux esclaves noirs. L'Etat s'incline devant le choix des planteurs : il officialise l'esclavage en fixant le statut des esclaves (ordonnance de 1685). C'est une profonde régression juridique.
Mais la logique égalitaire du christianisme est toujours présente. Elle va faire prévaloir l'idée que l'esclavage est incompatible avec la dignité de l'être humain. Le mouvement part d'Angleterre, le pays qui a déporté au XVIIIe siècle le plus de Noirs vers l'Amérique. La force du mouvement abolitionniste anglais repose principalement sur la prédication des pasteurs évangélistes, dénonçant la traite comme un crime contre l'homme et contre Dieu. Il en résulte une interdiction de la traite par l'Angleterre (1806) et les autres puissances occidentales (France, 1817), puis une abolition de l'esclavage lui-même dans les colonies anglaises (1833) et françaises (1848). Décidée par l'Europe, la suppression de la traite atlantique est imposée par elle aux Etats pourvoyeurs d'esclaves de l'Afrique occidentale.
Cependant, rien de pareil n'a eu lieu dans le monde musulman. L'esclavage étant prévu par l'islam, il eût été impie de le remettre en cause. Aussi, l'autre grande forme de la traite vers l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient continua de plus belle au XIXe siècle, qui correspondit à son apogée. Et, parallèlement, des Européens continuaient d'être razziés en Méditerranée et réduits en esclavage à Alger, Oran, Tunis ou Salé (Rabat). D'où l'expédition de 1830 à Alger. Finalement, ce fut la colonisation qui mit presque entièrement fin à la traite musulmane. Lorsqu'elle colonise l'Afrique, dans la seconde moitié du XIXe siècle, l'Europe est antiesclavagiste. Les puissances européennes abolissent l'esclavage, s'attaquent aux marchands d'esclaves et font cesser l'exportation au départ de leurs colonies.
Même si elle l'a beaucoup pratiqué aux XVIIe et XVIIIe siècles, c'est l'Europe chrétienne qui a détruit l'esclavage des Noirs, d'abord aux Amériques puis en Afrique et au Moyen-Orient. L'Occident ne l'a pas fait sans débats, reculs, déchirements. Mais enfin, il l'a fait, et c'est lui seul qui l'a fait. L'Europe devrait être célébrée pour cela. Au lieu de quoi elle est aujourd'hui seule accusée d'un passé esclavagiste que partagent d'autres civilisations : tout particulièrement le monde musulman, mais aussi l'Afrique noire précoloniale. On oublie trop que la suppression de l'esclavage en Afrique est un des bienfaits majeurs de la colonisation.
* Professeur à l'université de Paris-II

«La mémoire est de plus en plus tyrannique» 25/12/2005 12:53

Pierre Nora : «La mémoire est de plus en plus tyrannique» J.-S. V.[22 décembre 2005]L'historien et éditeur Pierre Nora, membre de l'Académie française, directeur de la fameuse collection Les lieux de mémoires, est un des signataires de la pétition «Liberté pour l'histoire !».
LE FIGARO LITTÉRAIRE. - Pensez-vous, dans le contexte actuel, que cette pétition des historiens soit de nature à apaiser le débat.
Pierre NORA. - Il faut bien à un moment ou un autre tirer la sonnette d'alarme pour donner un coup d'arrêt à cette dérive pernicieuse du législateur français. Nous sommes le seul pays en Europe à voter de telles lois «mémorielles». Entendons-nous bien : ces textes ne sont pas moralement condamnables, ils visent à reconnaître des génocides, à rappeler des souffrances, à combattre l'oubli. Une communauté qui refuse son passé n'a pas d'avenir. Mais il ne faut pas confondre justice et histoire. C'est aux historiens de travailler sur ces questions. L'intervention du Parlement n'est pas intellectuellement acceptable car le législateur, en édictant des vérités officielles, opère une sanctuarisation juridique de certains pans entiers de l'histoire et condamne le travail des historiens.
Vous vous en prenez, dans cette pétition, à la loi Gayssot, la première de ces lois sur la mémoire. Ne craignez-vous pas de susciter l'incompréhension ou la colère chez ceux qui combattent le négationnisme ?
Certains ont cru, à l'origine, que la loi Gayssot pouvait avoir des effets positifs. Beaucoup de mes amis ou de mes confrères étaient de cet avis. Il est vrai que ce texte s'inscrivait dans un contexte particulier, marqué par la montée du révisionnisme. J'ai compris les raisons de cette loi. Mais, dès cette époque, j'avais déjà des doutes sur sa démarche et sur ses résultats, et c'est pour cette raison que je n'ai pas signé la pétition des historiens en faveur de son adoption. Nous étions deux, avec Madeleine Rebérioux, à nous y opposer. Le dispositif juridique existant, notamment l'incitation à la haine raciale, était, à mon avis, suffisant pour ne pas avoir besoin d'édicter des vérités officielles. Mais on préfère en France faire des lois. La loi Gayssot fut un signe en faveur de communautés légitimement indignées. Mais il me semblait déjà qu'il s'agissait du type même de logique d'inspiration totalitaire qui allait nous entraîner dans un engrenage fatal.
N'y a-t-il pas une distinction à faire entre le passé lointain et le passé proche ? La loi de 1990 avait été votée pour protéger les survivants de la Shoah contre ceux qui niaient l'horreur de ce qu'ils avaient personnellement vécu.
Oui et c'est pour cette raison que j'ai compris les intentions de cette loi. Mais, quinze ans après, les lois «mémorielles» se sont multipliées et nous avons la triste démonstration de leurs effets pervers. Ce processus est sans fin car l'histoire est pavée de crimes contre l'humanité. Il n'est pas du rôle du législateur de favoriser un compartimentage de l'histoire, ni d'arbitrer la compétition victimaire qui se fait jour. Pourquoi ne pas légiférer sur le massacre des Albigeois, les horreurs des guerres de religion ou de la Terreur... ? Nous n'en sortirons plus. Il est probable que l'article 4 de la loi de 2005 est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Il est urgent de stopper cette surenchère. En outre, les nouveaux moyens de communication, notamment Internet, rendent sans effet les dispositions de ces lois.
Vous aviez jadis contribué par vos travaux à revaloriser une certaine «mémoire fondatrice». Diriez-vous aujourd'hui que vous avez été trop entendu. Nous souffrons d'une mémoire envahissante ?
J'avais déjà dénoncé voilà vingt ans, dans la conclusion des Lieux de mémoire, les dangers d'une certaine «tyrannie de la mémoire». La mémoire, ce n'est pas l'histoire. Mais, depuis, les choses se sont aggravées. A l'époque, les minorités sociales, sexuelles, provinciales, etc., qui s'exprimaient demandaient avant tout une certaine reconnaissance légitime. La mémoire était, si l'on peut dire, «modeste». Ces groupes ne revendiquaient pas de droit. Aujourd'hui, certains défenseurs de la mémoire ont une tendance à se montrer agressifs. Ils imposent une mémoire tyrannique, parfois terroriste, notamment vis-à-vis de la communauté scientifique. Des historiens très sérieux sont jetés en pâture à des groupes de pression qui utilisent de plus en plus la menace de la loi pour occulter des vérités qui ne leur conviennent pas. Il faut empêcher les gardiens de telle ou telle mémoire de prendre en otage la recherche historique. Ils exigent que l'histoire les serve parce qu'ils projettent les préoccupations du présent sur les événements du passé. C'est ce péché d'anachronisme qu'il faut dénoncer. Et ce n'est pas le législateur qui peut le faire, mais seulement les historiens.
http://www.lefigaro.fr/litteraire/20051222.LIT0015.html
 

Napoléon et l'esclavage : une polémique inepte 25/12/2005 12:45

Napoléon et l'esclavage : une polémique inepte
Thierry Lentz, spécialiste de Napoléon et auteur d'une Nouvelle histoire du premier Empire, réagit à la publication du pamphlet de Claude Ribbe. Par Thierry Lentz [22 décembre 2005]
« Oui, Bonaparte a rétabli l'esclavage en 1802. Oui, il a rétabli la traite abolie par la Convention en 1794. Oui, il a interdit les mariages mixtes et l'accès du territoire métropolitain aux gens de couleur. Oui, il a dépêché aux Antilles plusieurs expéditions militaires dont certains chefs se sont livrés, notamment en Guadeloupe, à une brutale répression.
Ces faits ne sont ni contestés ni passés sous silence par les historiens. Reste à s'interroger, sans anachronisme ni mélange des genres, sur les motivations du gouvernement consulaire. L'histoire ne peut en effet se comprendre hors de son contexte. Éliminons d'emblée l'idée d'un projet «génocidaire» contre les Noirs : on peut sans risque mettre au défi tous les Claude Ribbe de la place de trouver un texte, un témoignage ou une déclaration de Napoléon qui prouve le contraire. Quant à l'esclavage, il ne prévoyait pas de le rétablir, ainsi qu'il le déclara au Conseil d'État peu après son avènement. Alors pourquoi changea-t-il d'avis ?
Le facteur économique fut décisif. Le commerce colonial et ses activités induites fournissaient du travail à près d'un Français sur dix. Il était perturbé par la guerre maritime avec l'Angleterre et par le soulèvement des Noirs aux Antilles. Napoléon voulut reprendre en main ces bases commerciales essentielles, d'où les expéditions de Leclerc (Saint-Domingue) et Richepanse (Guadeloupe). Dans l'un et l'autre cas, Bonaparte ne donna aucun ordre de massacre systématique mais des consignes de fermeté. C'est indépendamment de cette reconquête des Antilles qu'il accepta le rétablissement de l'esclavage et de la traite. Il y fut encouragé par un «lobby» composé de hauts personnages comme Cambacérès, Barbé-Marbois ou Talleyrand, mais aussi par le gouvernement anglais qui fit savoir qu'il ne s'opposerait pas aux expéditions coloniales tant la «remise en ordre» était un intérêt commercial commun.
La loi du 20 mai 1802 ne décréta d'ailleurs pas un rétablissement général de l'esclavage mais son «maintien» là où il n'avait jamais été aboli (à l'ouest du cap de Bonne-Espérance) et dans les colonies rendues par l'Angleterre après la paix d'Amiens (comme la Martinique). Il ne fut jamais rétabli à Saint-Domingue, mais le fut en Guadeloupe par la seule volonté du général Richepanse, qui ne fut pas désavoué par Paris. Quant au rétablissement de la traite, il fut limité par la reprise de la guerre avec l'Angleterre. On estime que 20 000 individus furent concernés sous le Consulat et l'Empire (on est donc fort loin des centaines de milliers de morts évoqués dans un ouvrage récent). L'Empereur finit d'ailleurs par abolir la traite en 1815, qui ne fut rétablie que par la Restauration.
Pendant tout l'épisode, c'est bien l'Angleterre qui eut le monopole de la traite dans le monde et ne s'en priva pas, ce que les tabloïds britanniques ont, eux, passé sous silence dans leur récent déchaînement de francophobie au sujet du «French Hitler» qu'aurait été Napoléon. Il est vrai que cette nouvelle offensive avait été bien préparée par nos médias qui s'étaient jetés avec avidité et sans recul sur le prétendu brûlot intitulé Le Crime de Napoléon. »
http://www.lefigaro.fr/litteraire/20051222.LIT0016.html

SERVITUDES CONTEMPORAINES 19/12/2005 11:00

"L’organisation britannique Anti-Slavery International estime qu’il existe actuellement dans le monde vingt-sept millions de personnes adultes soumises à un esclavage dit traditionnel(exergue « Anti-Slavery International »)."