Messieurs les politiques, Montrez l'exemple les premiers!

Publié le par Gérald Alexandre Roffat

Comte d' ANTERROCHE (1705 - 1785)
 

Messieurs les Anglais, tirez les premiers!

 

Ainsi se transmet traditionnellement la phrase prononcée par le comte d'Anterroche, commandant d'une Compagnie des gardes françaises, au début de la bataille de Fontenoy (11 mai 1745) qui mit aux prises l'armée française commandée par le maréchal de Saxe et l'armée anglo-hollando-hanovrienne du duc de Cumberland.

J'ai déjà exprimé à plusieurs reprises sur mon blog et ailleurs mes craintes sur la mise en place de la discrimination positive dans les entreprises françaises (surtout avec un taux de chômage à 10%).

Alors, je dis pour le bien-être de la société française:

Messieurs les politiques, Montrez l'exemple les premiers!

Et pour ajouter au débat, voici quelques articles exemplaires:

http://www.collectifdom.com/article.php3?id_article=163

Discrimination électorale du PS

Chers compatriotes,

Nous sommes plus de 600 000 en région parisienne mais aucun originaire des départements d’Outre-Mer ne siège au Conseil Régional d’Ile-de-France. Pourtant, une société démocratique moderne doit permettre l’ascension et la promotion sociale de toutes ses composantes par une meilleure représentativité dans les centres de décision. Nos compatriotes souffrent de discrimination au quotidien et leurs spécificités méritent d’être prises en compte et qui mieux qu’un français d’Outre-Mer pourrait le faire ?

Entendons-nous bien, nous ne demandons pas un quelconque privilège par rapport à nos autres concitoyens, mais nous souhaitons que nos différences ne soient pas des occasions de nous rappeler que nous ne sommes pas complètement d’ici, qu’il ne nous soit pas appliqué de traitement de défaveur, notamment pendant les élections. Nous ne demandons pas que l’on désigne des candidats en raison de leur origine mais que l’on ne les élimine pas systématiquement à cause de ce motif, comme c’est le cas actuellement. Tous les partis politiques font de la surenchère pour les Français d’origine étrangère, pourquoi demeurent-ils muets quand il s’agit des Français d’Outre-Mer ?

Pourtant, nous sommes attachés à la République et au respect des institutions ; nous refusons la violence politique et ne sommes pas mêlés à celle des banlieues ; nous contribuons à l’accroissement de la richesse nationale, payons nos impôts ; participons à la vie associative, culturelle et sportive et contribuons à la renommée de la France.

Dès le mois de juillet dernier, le Collectif des Antillais, Guyanais, Réunionnais a informé les partis politiques de l’opération « LA FRANCE EST PLUS FORTE EN COULEURS » pour assurer la mixité et une représentation de la diversité de la France aux prochaines élections. En août 2003, la Table Ronde organisée par le Collectif en Guadeloupe, (avant celle d’octobre en Martinique) contenait déjà cette revendication, soutenue par les responsables politiques locaux. De multiples rendez-vous ont permis de sensibiliser de manière informelle des élus et responsables de tous les partis politiques nationaux (Anne Clémence VALENTIN nous a beaucoup aidé auprès de l’UMP). Début novembre, le Collectif a adressé un courrier en ce sens à tous les partis politiques et a poursuivi sa campagne discrète, hors de toute médiatisation, en multipliant les réunions avec des responsables politiques sur cette question.

Quelques partis politiques ont entendu notre revendication.

L’UDF mérite une mention spéciale et montre toute sa considération à l’Outre-Mer et à l’égalité des chances républicaines en plaçant quatre candidats originaires des départements d’Outre-Mer en région parisienne, dont une tête de liste dans le département du Val d’Oise, ce qui est un fait exceptionnel : il s’agit de Sophie JACQUEST. Chantal NERET est en 4ème position sur la liste de l’Essonne est aussi éligible. Carine NOC est en 6ème position et Madi BOINA BOINA (Mayotte) en 25ème position en Seine-Saint-Denis.

L’UMP présente 7 candidats originaires des départements d’Outre-Mer dont deux en position éligible : Marie-Dominique AESCHLIMANN est 4ème dans les Hauts-de-Seine ; Pierre PLUTON est en 15ème position en Seine-et-Marne. Les autres candidats sont : en Seine-Saint-Denis, la populaire Anne-Clémence VALENTIN en 18ème position et Yollande PIERRE en 20ème position ; à Paris, Maryse LESCHENE en 37ème position ; dans les Hauts-de-Seine, Jimmy JANNAS en 23ème position et enfin dans le Val-de-Marne Dominique ARBAUT en 22ème position.

Le Parti Communiste et ses alliés présentent dans le Val d’Oise M’Baïreh LISETTE en 5ème position ; dans le Val de Marne, Stéphane COLONNEAUX en 9ème position et en Seine-St-Denis Lorie LACLEF.

En revanche, le Parti Socialiste, sur sa liste conjointe avec les Verts, ne présente en tout et pour tout, qu’une seule candidate originaire des départements d’Outre-Mer sur 209 candidats en région parisienne : Janine MAURICE-BELLAY en 12ème position en Seine-Saint-Denis. Et les pronostics ne permettent pas de tabler sur une éventuelle élection.

La tête de liste socialiste, Jean-Paul HUCHON, se vante pourtant d’avoir placé vingt Français d’origine étrangère sur ses listes, dont dix en position éligible. Certes, les ultra-marins sont français depuis quatre siècles, était-ce une raison pour les traiter moins bien que les autres Français car ce n’était pas les candidats de valeur qui manquaient.

Une anecdote montre bien que le PS en région parisienne a agi en connaissance de cause : Rendez-vous était pris pour un déjeuner entre le Collectif des Antillais, Guyanais et Réunionnais, et le président du Conseil Régional Jean-Paul HUCHON le vendredi 30 janvier. Le mardi 27 janvier, nous avons adressé un fax avec en premier point de l’ordre du jour de cette réunion : domiens en position éligible. Deux heures plus tard, la vice-présidente de la région, Elisabeth GOUREVITCH, annule le rendez-vous sous un faux prétexte. (rubrique Quoi de Neuf de notre site)

Quelle vision les instances régionales du Parti Socialiste ont-elles du pacte républicain ?

Victorin LUREL, député de la Guadeloupe et Louis-Joseph MANSCOUR, député de la Martinique ont rappelé justement à leur parti que l’un des engagements portés par les socialistes lors du Congrès de Dijon était de prendre en compte la diversité culturelle de la société française dans la vie du parti et la composition des listes.

Le Collectif regrette cette singularité qui lui semble relever d’une vision archaïque du monde et de la société. Nous constatons qu’à Paris, les dernières municipales n’ont porté aucun élu originaire des départements d’Outre-Mer dans les rangs socialistes.

Nous demandons à tous les Français originaires de la Guadeloupe, de la Martinique, de la Guyane, de la Réunion de prendre leurs responsabilités afin qu’à l’avenir le Parti Socialiste en région parisienne respecte l’égalité des chances républicaines et ne bafoue pas les droits des français d’Outre-Mer.

Le Collectif regrette d’en arriver à cette position tranchée car des parlementaires socialistes ont participé à tous ses combats, notamment sur la continuité territoriale. Mais nous refusons d’être des réservoirs de voix de quelque parti que ce soit qui nous courtise pour gagner les élections, mais pour mieux nous oublier ensuite.

Merci de télécharger les tracts et de les diffuser par tous moyens : sur notre site internet : www.collectifdom.com rubrique Quoi de Neuf : tract le PS exclut les Français d’Outre-Mer des listes en région parisienne.

Le Collectif des Antillais, Guyanais, Réunionnais a mené une campagne d’information en Guadeloupe par voie médiatique et par distribution de tracts (profitant du passage en Guadeloupe de Nicolas SARKOZY et de François HOLLANDE) aux réunions publiques des deux responsables politiques : les 27 et 28 février (voir www.collectifdom.com rubrique : Quoi de Neuf).

Vous trouverez également le rapport de Joël BEAUGENDRE, président de la mission d’information parlementaire sur les coûts du transport aérien vers l’Outre-Mer dans la rubrique Quoi de Neuf. Le Collectif qui avait obtenu la création de cette mission d’information parlementaire (demandé par Victorin LUREL, Jean-Christophe LAGARDE, Eric RAOULT...) et collaboré étroitement avec le député BEAUGENDRE se félicite de ses conclusions et du travail fait par le député de la Guadeloupe. Joël BEAUGENDRE dénonce le manque de transparence des compagnies aériennes qui refusent de lui communiquer les informations. Il déplore aussi « le niveau des coûts qui restent trop lourds à supporter… l’augmentation brutale depuis 1999 des prix des billets et le désordre caractérisé par des prix particulièrement fluctuants »… Les conclusions du rapporteur vont dans le sens des demandes du Collectif et de la proposition de loi déposée, notamment dans l’instauration d’un prix-plafond en haute saison et des tarifs réduits pour certaines catégories de personnes.

Bien cordialement

Patrick KARAM

 

http://oumma.com/article.php3?id_article=1005

La désillusion politique des « beurs » de l’UMP

Par Ali Boulala
samedi 13 mars 2004


Les régionales s’approchent et les partis dévoilent leurs listes. L’UMP qui compte aujourd’hui plus de 10 000 noms à consonance arabe sur ses 150 000 adhérents. Soit environ 8%, nous a littéralement évincée de ses listes. Environ 7 candidats seront présentés en position éligible sur les listes des régionales. Difficile de trouver une explication rationnelle à cette vision d’une France qui se repli sur son identité a travers la seul « communauté » visible, celle des Français de souches.

Nous rejoignons donc Nicolas Sarkozy qui comme nous considère qu’il faut réactiver « l’égalité des droits ». Si la décision de mettre en oeuvre la « discrimination positive » à partir de critères ethniques ou religieux est plus que discutable, il semble aujourd’hui évident qu’une meilleure « acceptation » sociale des minorités visibles suppose qu’on leurs applique un traitement différentiel.

Des processus de « discrimination positive » sont déjà à l’œuvre en France dans différents domaines, mais on évite soigneusement d’utiliser le terme qui paraît, à première vue, s’opposer à l’égalité républicaine.

Le terme de « mobilisation positive » forgé par Jean-Pierre Raffarin confirme très précisément cette tendance. N’est-ce pas pourtant une loi sur la parité qui a été choisie pour améliorer la représentation politique des femmes ? Et qu’appliquons-nous dans certains quartiers ? Afin d’organiser une meilleure répartition des emplois, la politique de la ville permet d’octroyer des exonérations fiscales aux entreprises qui s’implantent dans les « zones franches ». On considère donc acceptable qu’un territoire ayant plus de handicaps soit davantage aidé que les autres. L’éducation nationale n’a pas, elle non plus, hésité à appliquer un principe qui s’inscrit dans cette perspective : l’école censée faciliter la promotion sociale a dû constater son échec en créant des ZEP (zones d’éducation prioritaire) et par-là revenir sur l’un de ses principes fondateurs d’égalité - en acceptant que des avantages matériels et pédagogiques soient accordés à des écoles se situant dans des quartiers défavorisés. L’inégalité des chances a conduit à donner plus à ceux qui ont beaucoup moins de chance de réussir que les autres. Comme cela ne suffit pas aux lycéens de ZEP pour accéder en nombre à l’élite scolaire, il faut se satisfaire de l’innovation qui est intervenue dans le recrutement de l’IEP de Paris : depuis trois ans, certains des meilleurs élèves de ZEP peuvent entrer à Sciences po à l’issue d’une sélection et d’un grand oral, mais sans passer par le concours, réputé très sélectif, auquel sont soumis tous les autres candidats. Il ne faut y voir qu’une mesure concrète pour donner un contenu réel au concept d’égalité des chances. Ces exemples très différents ne démontrent-ils pas qu’il existe un vrai problème d’acceptation des minorités visibles par la société française ?

Est-ce aller à l’encontre du principe d’égalité qui est le socle de notre République ? Est-ce dénaturer notre démocratie ? C’est exactement l’inverse : il s’agit de renforcer la République et la démocratie en nous permettant de combler l’écart entre égalité formelle et égalité réelle. A quoi sert de proclamer l’égalité si celle-ci n’est pas effective dans les faits ? Or l’équité - ou « discrimination positive », car la distinction entre les deux termes n’a plus aucun sens - n’a pas d’autre objectif que de restaurer l’égalité : les droits dérogatoires au droit commun ne sont accordés que pour compenser des inégalités de départ trop importantes pour être comblées par une réponse égalitaire traditionnelle ! Ne devient-il pas urgent de se rallier à cette idée ?

La « discrimination positive » consiste donc à tenir compte des avantages et des handicaps de départ des individus pour mieux concrétiser l’égalité des textes dans la réalité. Thématique extrêmement salutaire pour notre démocratie, elle est rejetée par ceux qui souhaitent rester enfermés dans le dogme républicain de l’égalité, les politiques hésitent à encourager de telles initiatives. Cette frilosité s’explique également par les dangers potentiels de la discrimination positive. Le plus évident : sacrifier la réussite par le mérite et l’effort au profit de celle liée à ses origines. Cette menace ne doit toutefois pas nous détourner de ces instruments correctifs qui peuvent d’ailleurs être temporaires, car ils sont à l’origine d’un bienfait irremplaçable : l’égalité est effectivement réalisée ! Une inégalité qui permet de compenser une inégalité de départ est juste. En outre, elle est nécessaire et efficace si l’on se refuse à accepter que les écarts se creusent davantage.

 

Note :

Une version plus courte de ce texte est parue dans le Monde du mardi 2 mars 2004

Membre du comité départemental de l’UMP de Savoie

Publié dans Orange

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