Quelques idées d’outils contre les discriminations à l’embauche

Publié le par Gérald Alexandre Roffat

OUTILS

Quelques idées d’outils contre les discriminations à l’embauche :

1/ Créations de centres d’évaluation et de certification des compétences.

En France, contrairement au pays anglo-saxons, les études sont vues généralement comme la voie conduisant à un métier et non comme un bagage. Dans un monde ou règne le sacro-saint diplôme, on pourrait proposer aux candidats de certifier leurs compétences, par un organisme public ou indépendant.

Le CV est incontournable dans l’évaluation des individus. L’inconvénient majeur de l’analyse des CV résulte des interprétations différentes propres aux recruteurs. La mention « anglais courant » sur un CV peut être interprétée différemment. Un score au TOEIC est plus explicite. Le certificat TOEIC existe en cinq couleurs, correspondant à des plages de résultats distinctes : Orange (010-215), Marron (220-465), vert (470-725), bleu (730-855) et or (860-990). Pourquoi se cantonner à l’évaluation du niveau en Anglais ?

La passation de tests appropriés auprès de sujets volontaires (tests d'aptitudes, questionnaires de personnalité et d'intérêts professionnels) et l’élaboration d’une mini-situation de travail pourrait permettre d’évaluer et de certifier de nombreuses compétences.

Certifier des compétences permet de réduire la subjectivité. Il faut injecter le plus d’objectivité possible dans le processus de recrutement pour chasser les préjugés et limiter au maximum les risques.

On pourrait créer ces centres d’évaluation dans chaque agence ANPE : certification reconnue par le MEDEF pour les compétences linguistiques, informatiques, rédactionnelles …

On appliquerait la règle : « résultats négatifs => propositions de formation adéquates »

2/ Diffusion de kits anti-discriminations car « Informer, c’est prévenir ».

On peut informer les recruteurs sur les avantages perçus de la diversité :

La sélection, le recrutement et la fidélisation d'individus provenant d'un vivier plus large de «talents».

La réduction des coûts de rotation de personnel ou d'absentéisme.

Une plus grande souplesse et réactivité du personnel.

Une meilleure implication du personnel.

Une meilleure gestion de l'impact de la mondialisation et des bouleversements technologiques.  

Une meilleure capacité de créativité et d'innovation.

Une meilleure connaissance des différentes cultures.

Une meilleure compréhension des attentes et des besoins des clients.

Un développement plus aisé des stratégies marketing, produits ou services.

Une meilleure image de marque auprès des acteurs externes.

La création d'opportunités nouvelles pour les groupes sous représentés, et donc la contribution à une meilleure cohésion sociale.

On peut aussi informer les recruteurs sur les biais qui peuvent affecter la situation de recrutement : L’effet qui consiste, par exemple, à rechercher chez le candidat des similitudes avec soi et à le valoriser pour cela. On peut ainsi valoriser un candidat parce qu’il est originaire de la même région que soi.

L’ANPE pourrait envoyer ce kit à chaque nouveau recruteur à l’occasion d’une offre d’emploi. Les sites emploi pourraient faire de même. On pourrait le télécharger. On pointe ici le problème de la compétence des recruteurs. Pour lutter contre les discriminations à l’embauche, on ne peut pas se passer de l’information et de la formation des acteurs du recrutement à cette problématique.

3/ Développer, dans les processus de recrutement, la double évaluation sur le principe de la double correction scolaire.

En fait, il s’agit de doubler autant que possible les étapes de sélection : Examen des CV par deux recruteurs. Entretiens par deux recruteurs. Décision d’embauche collégiale. Un recruteur unique a généralement la responsabilité de l’ensemble du processus. On doit considérer le recrutement comme un pouvoir et le recruteur comme le dépositaire de celui-ci. A défaut d’établir des contre-pouvoirs, il faut partager le pouvoir pour le réduire.

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Que la force soit contre les discriminations!!!

Publié dans Orange

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âne 23/02/2006 12:15

Merci de votre commentaire.En effet, je crois que l'on partage les mêmes objectifs. J'aimerais simplement vous faire évoluer sur la question des outils pour corriger la situation actuelle.homéopathie : pour info,la très estimée revue médicale "The Lancet" a conclu que le seul effet de l'homéopathie était un effet placébo (rien de choquant en soi, même si je n'aime pas l'idée que la sécu rembourse en partie ces médicaments !). C'était dans ce sens (de placébo), que j'utilisais le terme homéopathie.CAP21 : Je note que le lien vers le dossier de CAP21 (que j'apprécie), est plutot favorable à l'initiative science-po.science-po : "J’avoue que l’idée d’un label « Sciences-Po/ZEP » est super innovante !!! Désolé, mais je suis plutôt sensible à l’analyse de Jean-Paul Brighelli dans « La fabrique du crétin »"inscinuez-vous que les élèves issus de ZEP réussissent moins bien à science-po que les autres ?Ces élèves ne sont pas tirés au sort dans leur lycée pourris, ce sont quand même les meilleurs ;-)"Je dis non merci à l’apartheid social et souhaite qu’on s’attaque partout aux racines du mal."Bien sûr : ce serait tellement mieux d'avoir une éducation nationale qui donne les même moyens à tout le monde, dont les conseillers d'orientations proposent les mêmes options à tout le monde, que personne ne truande la carte scolaire, etc.Mais en attendant des jours meilleurs, une vaste réforme de l'éducation nationale, des tonnes de fric pour financer tout ça, qu'est ce qu'on fait ?Pour finir, les études montrent que la mobilité sociale stagne depuis l'après-guerre : quel gâchi !! des gens avec potentiel qui se retrouvent ouvrier à cause de déterminants sociaux !!

Gérald Alexandre Roffat 25/02/2006 14:50

« On parle d’effet placebo pour désigner les réactions favorables produites par le placebo (du latin : je plairai). Une telle substance agit par effet psychologique, en particulier pour soulager des troubles n’ayant pas de cause organique précise. » http://www.fnclcc.fr/fr/patients/dico/definition.php?id_definition=1270
Je le répète : « N’oublions pas le facteur psychologique dans le combat que nous avons à mener contre les discriminations à l’embauche. » http://recrutement.over-blog.com/article-1926967.htmlv Donc, c’est toujours ok pour l’homéopathie et moi ;)
Dans le dossier de CAP21, http://www.cap21.net/dossier_nov2004.php, on peut lire : « Parmi les d’obstacles qui expliquent ce barrage social, l’école souligne le caractère discriminant du concours, qui « avec ses dissertations d’histoire, de culture générale et ses épreuves de langue, avantage les élèves qui viennent d’un environnement socioculturel ou socioprofessionnel initié ». » Si cela ne vous choque pas, je suis, pour ma part, choqué de lire ces lignes.
Pour vous répondre, je ne pense pas que les meilleurs éléments de ZEP soient incapables de disserter en Histoire ou de s’exprimer dans une langue étrangère. Si c’est le cas, le problème est plus grave encore que je ne l’escomptai. On a ou on a pas le niveau. Intégrer ces jeunes de ZEP en insinuant qu’ils n’ont pas le niveau me choque. J’évoque un label « Sciences-Po/ZEP » car c’est ce que m’inspire la lecture du dossier de CAP21. Croyez-vous que les recruteurs vont oublier de demander aux jeunes diplômés de l’IEP s’ils ont passé le concours, pour distinguer les diplômés « Sciences-Po/Tradition » des « Sciences-Po/ZEP »? Ne voyez-vous pas ou sont les insinuations et les dangers ?
Après, on a ou on a pas les moyens financiers. Qu’on garde le concours pour tous mais qu’on donne les moyens à toux ceux qui en ont les capacités de le préparer et de le passer, puis qu’on donne à tous les moyens de suivre la scolarité. Qu’on attribue des bourses, en fonction des potentiels et des résultats !!!
Pour les jours meilleurs, je n’ai pas envie d’attendre. C’est aujourd’hui qu’on prépare l’avenir. L’argent, on le trouve quand on est un Etat comme la France. Si on ne l’a pas. On emprunte. Emprunter, comme on le fait aujourd’hui, pour satisfaire les dépenses courantes me semble stupide et suicidaire.  Emprunter pour investir sur l’avenir me semble sensé et courageux. La réforme, qu’on s’y colle !!! Marre d’attendre et de bouillir à petit feu comme une grenouille dans une marmite. Qu’on mette chacun devant ses responsabilités car la réforme est nécessaire. La volonté politique manque. C’est le problème.
Pour les bienfaits de la discrimination positive, sans communautarisme et quotas, il va falloir m’expliquer concrètement ce que vous avez en tête pour me faire évoluer. Je suis à votre écoute. A bientôt :)





âne 22/02/2006 18:34

Monsieur Pourpre, vous sembler être un adepte des remèdes  homéopathiques... c'est bien, je trouve vos idées intéressantes, mais je ne vois pas là de solution à la hauteur des problèmes.je reviens à ma marote (discrimination positive), parce que je suis pas tout à fait sûr de bien vous comprendre : vous en pensez quoi, par exemple, de l'expérience science-po paris (programme de sélection d'élèves de lycées en ZEP) ? pour vous, c'est de la discrimination positive ou pas ?(pour moi oui, et j'approuve ce que fait le directeur de science-po paris à son niveau avec ses moyens).enfin, ce qu'en dit l'auteure du "Que sais-je" sur la discrimination positive (interview le monde http://www.lemonde.fr/web/chat/0,46-0@2-3226,55-1364@51-743784,0.html )DISCRIMINATION POSITIVE ET "AFFIRMATIVE ACTION"PAC : Deux questions. Une "Affirmative Action" de type américain peut-elle être développée en France et en Europe et en quoi la discrimination positive serait-elle différente ? Enfin, dans le contexte français laïc, où les signes religieux sont proscrits de certains espaces, quel rôle et quel impact la discrimination positive pourra-t-elle avoir ?Gwénaële Calvès : La discrimination positive en France ne pourra vraisemblablement pas se développer sur le modèle américain, dans la mesure où les groupes cibles qu'on connaît aux Etats-Unis (groupes ethno-raciaux, femmes) ne sont pas reconnus dans l'espace public et ne font pas l'objet d'une consécration juridique. Les traitements préférentiels regroupés sous le label "discrimination positive" ne peuvent viser que des catégories de personnes définies par leurs caractéristiques socio-économiques. C'est une différence majeure avec l'"Affirmative Action" américaine. Quant à la question des groupes religieux, je ne la comprends pas bien, car, à l'exception de l'Irlande du Nord, aucun pays n'a développé de politique de discrimination positive en direction de groupes confessionnels. La question de la laïcité est donc une question parfaitement distincte de celle de la discrimination positive.

Gérald Alexandre Roffat 23/02/2006 00:10

Pour mémoire, l’homéopathie est une méthode thérapeutique qui consiste à administrer à doses minuscules des remèdes capables, à doses plus élevées, de produire des symptômes semblables à ceux de la maladie à combattre.  Alors ok pour être « l’adepte des remèdes homéopathiques » :)
Pour rester dans l’imagerie médicale et bien que ma connaissance en la matière se résume à trois étés comme agent hospitalier vacataire, n’oublions pas que la surmédicamentation est loin d’être positive (30 000 morts par an et plus d’un million de journées d’hospitalisation).
La discrimination positive est un facteur d’éclatement de la société en sous–groupes. C’est très dangereux. Je n’adhère pas à la politique de Sciences-Po. Des élèves de ZEP qu’on va chercher et qui s’ajoutent aux autres ? http://www.cap21.net/dossier_nov2004.php
J’avoue que l’idée d’un label « Sciences-Po/ZEP » est super innovante !!! Désolé, mais je suis plutôt sensible à l’analyse de Jean-Paul Brighelli dans « La fabrique du crétin ». Je suis également partisan d’une réforme de l’éducation nationale.
Etudiant, je réalisais des animations commerciales dans des cantines scolaires (primaire et secondaire) de la Région Parisienne pour me faire un peu d’argent. Je distribuais des sodas sucrés (chacun ses casseroles) pour une célèbre marque pulpée. J’ai vu des cantines avec des infrastructures et des moyens si différents selon l’environnement social et économique que je ne crois plus au mythe de l’école unique.
J’aimerai voir partout des établissements, des professeurs, des cantines et des repas qui se valent à peu près sous l’enseigne d’une école unique de la République. Le fossé entre les lycées Parisiens côtés d’une part et les Lycées banlieusards de ZEP de l’autre ne me satisfait pas. Je dis non merci à l’apartheid social et souhaite qu’on s’attaque partout aux racines du mal. Nous n’avons manifestement pas la même idée sur les moyens à mettre en œuvre pour lutter contre les discriminations mais nous partageons l’objectif. Espérons qu’au final la cause triomphe :)




David de Talent Power 19/02/2006 19:11

La "certification" d'une compétence est la meilleure manière d'objectiver sa maîtrise. C'est vrai que c'est un peu lourd à organiser mais ne cherchons pas y a pas mieux ;-)Et ce n'est pas qu'un enjeu citoyen mais bien business. J'avais fait une mission il y a une dizaine d'année qui montrait que les pays anglosaxons étaient très en avance et qu'ils l'utilisaient comme atouts dans les appels d'offres internationaux.Les kits anti-discrimination je découvre l'idée en te lisant. C'est très intéressant car il faut en effet indutrialiser vite et bien 1) la prise de conscience  2) le passage à l'action. Je vais y essayer d'y regarder de plus près.A+ l'activiste