Monsieur le ministre, Azouz Begag

Publié le par Roffat

PRESENTATION D'AZOUZ BEGAG

 

« Azouz Begag, 48 ans, nommé jeudi ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances, est un sociologue qui a été chargé en 2004 par Dominique de Villepin, alors ministre de l'Intérieur, de piloter l'un des six chantiers prioritaires de son ministère, celui de "l'égalité des chances" au sein des forces de l'ordre.
D'origine algérienne, né à Lyon (Rhône) le 5 février 1957, il a remis fin 2004, son rapport intitulé "La République à ciel ouvert". »

 

http://permanent.nouvelobs.com/europe/20050602.OBS8729.html

 


 « D'origine algérienne, Azouz Begag est né en France dans la banlieue lyonnaise en 1957. Il possède un Doctorat en économie de l'université Lyon 2 et mène de front deux carrières: sociologue et romancier.

 

     Chercheur au CNRS et à la Maison des Sciences Sociales et Humaines de Lyon depuis 1980, il est spécialiste en socio-économie urbaine: son travail porte largement sur la mobilité des populations immigrées dans les espaces urbains.

 

     Azouz Begag a publié une vingtaine de livres dont la plupart ont pour sujet les différents problèmes auxquels sont confrontés les jeunes d'origine maghrébine, pris entre deux cultures aussi bien qu'entre tradition et modernisme: pauvreté, racisme, chômage, auto-destruction, désespoir.

 

     Dans la plupart de ses romans, qu'ils soient de nature autobiographique ou non, Azouz Begag prend la défense des "Beurs" (jeunes Français d'origine maghrébine), valorise leur culture d'origine et leur propose des modèles positifs d'identité. Dans les Chiens aussi (1995), plus récemment s'exprime le profond désir de révolte de ces jeunes. » Brigitte Lane, Carole Netter, Octobre 1997

Portrait et bibliographie:
http://permanent.nouvelobs.com/europe/20050602.OBS8729.html

 

Interview de Monsieur le ministre: http://www.alterites.com/cache/center_portrait/id_772.php

Ou encore: http://www.premier-ministre.gouv.fr/ministere_delegue_promotion_egalite_m582/

 

 

 

Publié dans Orange

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Gérald Alexandre Roffat 07/06/2005 21:41

L’approche qui consiste à faire du communautarisme électoral me déplait également.

Ceci dit, ce Monsieur a des responsabilités et j’espère qu’il les assumera sans se faire porte-drapeau d’une communauté. Sinon, on pourra effectivement probablement noter des effets pervers identiques à ceux de la discrimination positive ou des quotas.

La pertinence de ce ministère est avant tout symbolique mais le ministre a la possibilité de faire entendre sa voix. La promotion de l’égalité des chances est une noble cause. Je reprends à cette occasion les mots de Manuel Conejoro, DG de Grand Optical:

"Ce serait criminel de laisser passer ces compétences dans l'indifférence générale."

On en reparlera effectivement dans quelques mois ou même avant.

J’attends.

Oliviegntchik 07/06/2005 00:08

je te trouvais juste très déférent sur ce coup là.

j'attendais un "mes hommages Monsieur le Ministre " en conclusion :)

Sur le fond, sa personne importe peu. Elle m'est complètement antipathique si tu veux savoir, mais c'est un détail.
reste l'action et la mission.

Tu t'intéresses trop à toutes les questions d'intégration pour ne pas connaître la complexité des choses, et de ces "modèles positifs".

j'ai rencontré un nombre quasi incalculable de "sociologues " dont la plus grande part de leur action se passait dans des jeux de séduction envers le pouvoir politique.
L'intéressé ne s'en cache pas d'ailleurs, son militantisme de droite venant que la gauche n'a pas voulu de sa petite personne. La aussi c'est son choix, mais tout cela me rappelle trop de mauvais souvenirs.en tous cas, un sentiment de deja vu .. et de combien d'hypocrisies par derrière le noble discours de l'anti racisme.


Le grenouillage politique, la complicité avec un pouvoir quelconque pour obtenir une représentativité supposée par une reconnaissance sociale exacerbée qui débouche très vite sur un népotisme.

Et cet aspect des choses me dérange le plus. Que l'on soit d'abord représentatif de sa propre personne, ca me semble déjà pas mal. Mais de là à "être un modèle " pour la communauté ..

Comme par hasard personne ne semble s'offusquer de remettre des " d'origine algérienne" dans le circuit. si on trouve ca éclairant sur un ministre, ca doit l'être tout autant sur un délinquant. mais là on ne peut pas ...
cherchez l'erreur.

Je sais bien que la lutte contre les discriminations est ton grand engagement. Je vais peut être te surprendre, mais je ne crois pas que cela passe par un ministère.
Car a part rappeler la loi, aller plus loin signifie mettre en mesure des politiques qui peuvent s'avérer bien plus dévastatrices que l'objectif initial ne le laisse entendre.

La aussi, tu as raison : jugeons les actes. tu es bien plus modéré que moi et j'aimerai avoir ton calme.

on en reparlera dans quelques mois, quand tu feras un autre article sur les grands travaux de monsieur le ministre.
Mais cette approche porte selon moi les germes d'une division qui fera très mal un jour.



Gérald Alexandre Roffat 05/06/2005 22:48

Pourquoi l’utilisation de la formule « Monsieur le ministre, Azouz Megag » serait de la déférence mal placée pour intituler un article sur Azouz Megag, nouveau ministre et bonne conscience du gouvernement sur la question de la promotion de l’égalité des chances ?

Il s’agit effectivement d’une marque de respect pour la fonction. Je suis en effet respectueux de nos institutions. Cela ne m’empêche pas d’être critique à l’occasion sur la personnalité des personnes qui les représentent.

Monsieur le ministre, Azouz Megag ne mérite pas moins d’égard que Monsieur le Premier ministre, Dominique de Villepin. Tu as lu mon courrier (que tu as d’ailleurs pris, à mon sens, pour un soutien politique ou une lettre au père noël, et c’est une erreur de lecture) sans me faire de remarque sur la formule « Monsieur le Premier ministre, Dominique de Villepin ».

Alors, je sais bien que les communications électroniques, en nous évitant le face à face, facilitent l’exercice de la critique mais il ne faut pas voir le mal partout.

La nomination d’Azouz Megag ne m’a pas fait sauter au plafond (ni de joie ou d’excitation, ni de rage ou de dépit). J’attends de voir pour juger de l’efficacité de son action comme pour les autres car je cherche toujours à me débarrasser de mes préjugés (déformation professionnelle).

Je n’ai pas de commentaire à faire sur son œuvre que je n’ai par ailleurs pas lu. J’ai publié un article sur Monsieur Megag. La publicité réalisée autour de sa nomination méritait un article sur le blog du Chargé de recrutement pro domo, au service du talentpower et contre les discriminations à l'embauche que je suis.

Je précise que j’ai repris entre guillemets, dans cet article, des portraits réalisés par d’autres. Je n’ai donc pas insisté personnellement sur son origine magrébine. Ceci dit, je te propose de me trouver un portrait moins politiquement orienté et de le publier en commentaires.

Sa nomination est bien évidemment politique. On en a vu d’autres. Pourtant, même si je trouve la ficelle un peu grosse, je ne veux pas y voir « L'usage du beur de service ». Ce Monsieur a peut être des solutions. Il est peut être un peu plus qualifié que d’autres politiciens de droite (et de gauche) sur le sujet. Je demande à voir. Il est ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances. Ce n’est pas qu’une question d’intégration.

Pour ma part, l’existence de modèles positifs accessibles auxquels peuvent s’identifier des personnes en difficultés me semble porteur d’espoir.

C’est le manque de repères dans la société qui provoque le replis sur soi, le communautarisme. La nomination d’un ministre d’origine magrébine ne va pas résoudre le problème identitaire de certains. Mais il faut montrer que le fait d’être magrébin n’est pas un obstacle insurmontable dans la vie, tout comme celui d’être une femme, antillais, grosse, handicapé ou laid. C’est plus difficile que d’être jeune, beau, blanc et riche a priori mais ça reste encore à discuter.

A chacun de se mobiliser. Monsieur le ministre, Azouz Megag n’est pas simplement le « beur de service ». C’est un ministre avec une mission, des moyens et une exigence de résultats. Le pouvoir cherche évidemment à l’instrumentaliser mais en contre partie, il a un réel pouvoir d’action et de communication. C’est une bonne chose s’il sait se montrer volontaire. Comme les autres ministres de ce gouvernement, j’attends qu’il se montre digne de sa fonction. Je dois avouer que j’ai des doutes, comme pour les autres. J’attends.

Oliviegntchik 05/06/2005 20:49

"monsieur le ministre " lol
quelle déférence mal placée.

C'est en effet un très grand auteur.
j'ai particulièrement apprécié sa saga romanesque "Au bon beur ".

Obligé de préciser son origine ethnique d'entrée sur presque toutes les lignes de ton article "D'origine algérienne".

L'usage du beur de service, sociologue comme il se doit,"modèle posifif pour la communauté ", c'est typiquement ce qui n'a jamais marché dans la politique d'intégration. On en change pas une équipe qui perd.