Quand je donne raison à Azouz Begag

Publié le par Gérald Alexandre Roffat

Dans Liaisons sociales magazine / novembre 2006, on pouvait lire des propos qui me confortent dans les positions que je défends sur le blog pourpre. Au sujet des jeunes des quartiers défavorisés, extraits de l'interview d'Azouz Begag:

"Résoudre la crise d'identité de ces jeunes passe par leur insertion dans l'emploi. Mais comment convaincre les entreprises françaises de devenir black, blanc, beur?

AB: En leur citant l'exemple de Paprec, une entreprise de recyclage de La Courneuve qui pratique la mixité sociale. En 1995, ils étaient 50, aujourd'hui, ils sont 1500. Ses dirigeants ont compris que plus les salariés viennent d'horizons divergents, plus ils convergent vers l'intérêt de l'entreprise. Les chefs d'entreprise qui profitent du vivier des jeunes de l'immigration seront en avance. A fortiori dans la persepective du papy-boom qui s'annonce pour les années à venir.Mais on peut aussi évoquer le cas de Soitec, une société grenobloise spécialisée dans les nanotechnologies qui recrute des personnes handicapées.Pour les accueillir, elle a conçu un poste de travail ergonomique, qu'elle a ensuite décidé de généraliser à tous ses salariés, ce qui lui a permis de gagner en productivité.

Pourquoi êtes-vous opposé à toute forme de discrimination positive?

AB: J'ai été l'un des premiers beurs à aller étudier aux Etats-Unios, à la fin des années 80. Et j'ai été frappé par la diversité qui régnait dans les entreprises et la société américaine. J'étais alors partisan de la discrimination positive,mais la nomination préfet "musulman" a pollué le débat. Aujourd'hui, je préfère promouvoir l'égalité des chances, à la fois pour les femmes, les jeunes issus de l'immigration,les personnes handicapés ou les seniors."

Il m'arrive d'être en désaccord avec Azouz Begag mais je le rejoins sur ces deux aspects majeurs de la lutte contre les discriminations. Pour montrer que la diversité paie il faut présenter des exemples concrêts de réussite. Par ailleurs, on ne peut se lancer "mathématiquement" dans une lutte contre la discrimination sans tenir compte des enjeux et des risques politiques et sociaux.

Publié dans Orange

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