Vers un meilleur modèle social [I]

Publié le par Gérald Alexandre Roffat

Courrier International propose cet été au fil des numéros une série d’articles qui présentent les différents modèles sociaux qui coexistent en Europe et qui, a priori, obtiennent de meilleurs résultats que le « système à la française ».

Cette série s’intitule :

A LA RECHERCHE DU MEILLEUR MODELE SOCIAL

Le premier article a pour source INFORMATION de Copenhague (Article de Bjarke Meller) :

« Français, ne croyez pas au mirage Danois !

La « flexsécurité » à la danoise, citée en exemple par Dominique de Villepin, n’est pas aussi rose qu’il y paraît, explique un journal de Copenhague. Extrêmement coûteux, ce système masque le chômage sans le résoudre. »

On y apprend qu’un Français de 36 ans qui vit à Copenhague avec son épouse danoise et leurs deux enfants a accepté un emploi : il assiste une personne handicapée trois jour par semaine.

Il précise, à ce sujet : « Ce n’est pas le travail dont je rêvais, dit-il, mais je l’ai pris pour ne pas être au RMI. Le coût du chômage est incroyablement élevé et a des conséquences psychiques. Le fait de ne pas trouver un travail, un travail pour lequel on a fait des études, est vécu comme un échec. Mais c’est très difficile à trouver au Danemark. »

Auparavant, ce Français, titulaire d’une maîtrise en sciences sociales obtenue dans une université danoise, parlant parfaitement le Danois après plus de dix ans au Danemark, en plus du Français, de l’Anglais et de l’Espagnol, touchait depuis 4 ans l’indemnité pour jeunes diplômés de 12 000 couronnes par mois, soit 1610 euros environ.

Par ailleurs : « Officiellement , le chômage est seulement de 5.9% au Danemark – contre 10.2% en France. Mais un Danois sur quatre en âge de travailler (880 000 personnes) est exclu du marché du travail et est entretenu toute l’année par l’Etat. »

En fait, les Danois reconnaissent ne pas avoir les moyens financiers pour assurer le même niveau de prestations à long terme. Pour se préparer : « « Le Danemark est très en avance en matière d’externalisation et mise sur l’innovation et la production de connaissances, hautement rémunérées. Cette situation est par ailleurs bien acceptée par les syndicats », indique Rosted. »

Jorgen Rosted est Directeur d’une unité de recherche au ministère de l’Emploi. Il affirme : « La politique active de l’emploi a été mise en place pour aider les entreprises productrices et exportatrices, mais avec les externalisations cette politique n’a plus vraiment de raison d’être. Il est inutile de former des gens pour des emplois qui sont en voie de disparition. »

Il ajoute : « En France, les petites entreprises familiales bénéficient d’une imposition particulièrement faible, ce qui leur permet de survivre. Ce type d’entreprise a complètement disparu au Danemark. »

En fait , la pression fiscale sur les revenus du travail est au Danemark l’une des plus élevées au monde.

A la lecture de cet article, on comprend que l’adoption de ce système a un coût trop élevé pour une France à plus de 10% de chômeurs. Comment faire ? Qui va payer ?

Qu’en pensent les syndicats, les classes moyennes, les petits entrepreneurs, les patrons de multinationales encore localisées en France et les autres?

Par ailleurs, on ne peut pas gagner sur tous les plans. Le ministre de l'Education Gilles de Robien a salué récemment les résultats du baccalauréat 2005 qu'il considère comme «un bon cru». Il précise : «Mon engagement à l'Education nationale, ce sera de faire en sorte que beaucoup plus de jeunes puissent accéder au bac».

Serons nous en mesure d’offrir un emploi qualifié à tous ces bacheliers, alors qu’on s’accorde dans le même temps à dire qu’il faut redorer le blason de l’apprentissage pour cause de pénurie de main d’œuvre sur certains secteurs ?

« Il est inutile de former des gens pour des emplois qui sont en voie de disparition », précise Jorgen Rosted. C’est du bon sens. A méditer…

Pour lire l’article complet de Courrier International : http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=52835&provenance=zop.archives

Publié dans Rouge

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Gérald Alexandre Roffat 17/07/2005 16:13

Mon blog s'appelle le blog pourpre en référence à la vache pourpre de Seth Godin.

Une expression bovine, que j'adore, dit en effet que l'herbe est toujours plus verte de l'autre côté des rails!

Il est préférable de prendre le train du progrès que de passer dessous.

Oliviegntchik 16/07/2005 19:30

un bien bel article qui a le mérite de nous rappeller que le coup de l'herbe plus verte ailleurs, ca fait longtemps qu'on nous le fait.

le modèle parfait, celui qu'on aimerait qu'il nous apporte bonheur et tout ce qui va avec, faudrait qu'on nous le montre :)

que d'encre hier sur le modèle "japonais".ca serait amusant de resortir tous les livres et articles sur ce sujet.exit le modèle japonais.
en ce moment, l'avenir est chinois.
en tête des best sellers du moment le modèle chinois qui va nous manger tout cru.

sur la blogosphère , il y avait un interessant article qui faisait en fait le résumé de l'emission de France 2 sur le "modèle " britannique.
c'etait chez duperrin.com si je me souviens. La aussi, ca remettait quelques vérités en place.

encore une fois, même si un "modèle " a des succès dans un domaine, n'est ce pas au prix de faiblesses dans un autre domaine ?
on peut en effet avoir un taux de chômage bas, offrir des emplois tres peu rémunérés, sans couverture sociale, sans perspectives. C'est mieux, moins bien , je n'en sais rien. mais ce n'est pas "magique".

dire cela, c'est prendre le risque de s'entendre qualifié "d'immobilisme ", de fermeture sur ce qui se passe à l'étranger, d'auto satisfaction nationale d'un modèle ne plein echec.

merci de continuer à nous "éclairer", car ce type de discours que contient ton article on ne le rencontre que rarement.