Discrimination au sein de la fonction publique

Publié le par Gérald Alexandre Roffat

«Des mécanismes invisibles de discrimination au sein de la fonction publique»

Stéphane DE SAKUTIN, Président du CRAN, a demandé à André Santini, le secrétaire d'Etat chargé de la Fonction publique, qu'une «étude pilote» soit menée afin d'étudier l'absence de noirs dans les hautes sphères de l'Etat.

« Pourtant, on accède à la fonction publique par des concours qui testent les connaissances et doivent mettre les candidats à l'abri des discriminations…

Il faut adapter le contenu des concours aux préoccupations d'aujourd'hui afin que les jeunes de banlieues, disons les choses franchement, aient une chance de les réussir. Pour le concours de postier par exemple, on demande qui a écrit la «Princesse de Clèves». Les gens du 16e arrondissement de Paris ont plus de chances de le savoir que les personnes issues des milieux défavorisées.

Certes, mais cette remarque ne vaut pas uniquement pour les populations noires…

Notre discours va en effet au-delà. Nous ne disons pas que les difficultés des noirs ne sont liées qu'à la couleur de leur peau. Mais si on travaille sur les problèmes que les noirs rencontrent, on travaillera pour d'autres catégories sociales fragiles. Jaurès disait que défendre les intérêts de la classe ouvrière permettait d'améliorer la société dans son ensemble…

Quels sont donc les mécanismes de discrimination spécifiques que subissent les noirs dans la fonction publique, selon vous?

Avant même le recrutement, ils ne sont pas informés suffisamment sur les différents concours ni sur les voies dérogatoires qui existent pour intégrer la fonction publique.
Une fois que le concours est passé, ils subissent un ordre social arbitraire qui leur impose les tâches les plus basses, les plus abrutissantes. S'il a à choisir entre deux personnes de même qualification, un chef de service à l'hôpital demandera le plus souvent à la personne de couleur d'effectuer le travail le plus difficile. Les noirs ne sont pas non plus assez informés sur les possibilités de promotion interne. S'ils ne passent pas les concours pour monter en grade, je ne crois pas que ce soit parce qu'ils ne souhaitent pas évoluer dans la société française. D'ailleurs, quand on interroge les fonctionnaires noirs de catégorie C, ils ne sont généralement pas au courant des possibilités de monter en B. »

Extraits de propos recueillis par Alexandre SULZER, 20Minutes.fr, éditions du 10/08/2007 - 13h09 http://www.20minutes.fr/

On peut effectivement se poser la question de l’absence de noirs dans les hautes sphères de l’Etat. Parlons d’ailleurs plutôt de présence infime, réduite à sa plus simple expression… Et puis pourquoi réduire la question aux noirs ? Et nos concitoyens d’origine asiatique, arabe, indienne ou autre ? Ah oui, « Jaurès disait que défendre les intérêts de la classe ouvrière permettait d'améliorer la société dans son ensemble… » Et, « si on travaille sur les problèmes que les noirs rencontrent, on travaillera pour d'autres catégories sociales fragiles. » Bah, travaillons tout de suite pour l’ensemble des catégories sociales fragiles et on gagnera du temps ;)

Le discours du président du CRAN sur les mécanismes de discriminations spécifiques me paraît assez caricatural et ridicule. Par contre, je crois que les concours de la fonction publique sont effectivement à revoir.  Pour le concours de postier par exemple, on pourrait demander qui a écrit la chanson « Je danse le Mia » ou recruter sur le Tour de France :) Plus sérieusement, pour un poste de postier, la méthode de recrutement par simulation serait, à mon avis mieux adapté.

Un candidat postier est-il meilleur parce qu’il sait que « la Princesse de Clèves » est un roman écrit par Marie-Madeleine de La Fayette en 1678 et que cette œuvre est considérée comme le premier roman moderne de la littérature française. ? Je ne crois pas mais cela n’engage que moi. Et pour les Responsables Recrutement ? Rassurez moi car je me suis levé ce matin sans savoir qui avait écrit « la Princesse de Clèves » !

Publié dans Orange

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billy 31/08/2007 20:42

sur les concours de la fonction publique : au lieu de se demander qui pourrait répondre aux questions de "culture générale", il vaudrait mieux se dire "la culture générale" permet-elle de recruter des meilleurs postiers ? la connaissance de la Princesse de Clève fait-elle partie des chapitres abordés lors de l'entretien annuel des facteurs ou des agents de tri ?
notre blogueur pourpre a raison quand il s'interroge régulièrement sur le coeur du problème : les critères de sélection !
et une réponse à sa question sur le "recrutement par simulation" appliqué au métiers de La Poste...et bien c'est en cours, et ça marche très bien, en tout cas en ile de france ! les responsables de centre de La Poste sont en général ravis des candidats reçus et intégrés depuis quelques mois déjà.
pour l'anecdote, sur une récente opération de recrutement de facteurs, une seule candidate n'a pu continuer son nouveau métier : elle ne savait pas faire de vélo !

Olga 28/08/2007 11:39

Par contre, je n'apprécie pas trop là façon dont Mr Lozes, veut faire passer la discrimination positive, sur un point bien particulier. Quand il dit , qu'il faut adapter les concours aux jeunes de banlieues pour qu'ils aient une chance de réussir.Ca manque d'explication. On dirait qu'il nie les capacités intellectuelles, d'une partie de la population à accéder à certaines connaissances. De plus, veut il instaurer une culture réservée pour le noir et (ou) le pauvre et une autre pour le blanc et (ou) le riche. On ne doit pas enlever le droit ni la possibilité d' apprendre tous les savoirs. Monsieur Lozes, creuse les écarts entre les 2 Frances. Ne vaut il pas mieux, trouver et mettre en œuvre les moyens pour que tous les gens  d'ou qu'ils viennent puissent accéder à la culture dans toute sa diversité. Si un gamin des banlieues, ne parle que l'argot dans sa famille, si je comprends, au lieux de lui apprendre à parler le Français correct, encore plus que les autres, il faudrait lui apprendre l'argot, qui correspondrait mieux à ses préoccupations. Dans, ce cas évidemment il faudrait lui faire un concours en argot. Il faut élever les gens en leur montrant les sommets de la culture et du savoir, plutôt que de les faire se complaire dans l'ignorance. De plus, Pourquoi, le noir ne pourrait-il pas apprendre la princesse de Clèves? un tas de noirs l'ont bien appris,  . Monsieur Lozes devrait expliquer ce qu'il entend par préoccupation. Ce que demande le noir, ce n'est pas un concours avec des questions différentes, ils ont le droit d'aimer le savoir dans toutes ses dimensions et de vouloir y accéder. Sachant que les gens victimes de discrimination, ne sont pas forcement issu de banlieues pauvres et de milieux pauvres culturellement et socialement. Le problème est plus profond que ça. Je ne suis pas contre la discrimination positive, mais il faudrait l'envisager d'une autre façon que celle de Monsieur Lozes. Elle doit aussi être accompagnée d'autres mesures.
 

Je pense, que Monsieur Lozes ne devrait pas représenter les noirs, car à mon avis, il leur fait plus de tord que de bien. Sans compter le manque de finesse et de réflexion que souligne son discours.
 

Don Diego de la Vega 15/08/2007 23:35

Pour avoir travaillé durant quatre ans dans la fonction publique, je ne pense pas que ses propos soient si caricaturaux concernant les mécanismes de la discrimination.Même si c'est un phénomène difficilement mesurable, à la forme variable, reste que, d'après mon expérience toute personnelle, c'est un constat que je partage.Mon dernier emploi en a d'ailleurs été la scène, à le première ou la troisième personne. Par exemple, j'ai dû taper du poing sur la table (au sens figuré, je vous rassure ^^) pour qu' enfin ma direction accepte de me confier les mêmes tâches que mes collègues aux fonctions et postes identiques, et ce dans le cadre d'un partage équitable. Une fois ce point effectué, tout s'est bien mieux passé.Sauf que tout le monde n'ose pas forcément risquer une éventuelle confrontation avec sa hiérarchie ou plus simplement ses collègues, par peur de faire des vagues. Le silence et les non-dits peuvent parfois en dire long sur certaines situations.Un peu hors-sujet sinon mais j'apprécie beaucoup ce blog et j'espère qu'il continuera sur sa lancée. ;)

ls 15/08/2007 20:30

Is back !