Cadremploi.fr tire sur le CNE

Publié le par Roffat

« L’extension du domaine de la période d’essai

Ca y est, il est en piste. Grâce à une ordonnance judicieusement publiée en pleine torpeur estivale, le CNE (Contrat nouvelle embauche) est applicable depuis le 4 août dernier. Au programme : des embauches facilitées. Corollaire : des licenciements également facilités avec un préavis de deux semaines ou un mois selon le cas et sans que l’employeur ait à justifier sa décision. Une mesure qui permet aux entreprises de moins de 21 salariés de prolonger la période d’essai de leurs nouvelles recrues jusqu’à deux longues années, en lieu et place du mois en usage pour les employés et de six, au maximum, pour les cadres.
Inutile de commenter les réactions à ce nouveau contrat de travail, puisque chacun se contente de jouer une partition attendue. D’un côté, le Medef adhère tellement fort à cette idée qu’il souhaite qu’elle soit étendue à toutes les entreprises. De l’autre côté les syndicats hurlent à la braderie des droits sociaux. Mais une autre voix s’élève. Qui parle de société à deux vitesses. Qui exprime que ce n’est pas seulement le code du travail « à la française » et la cohorte de salariés concernés qui risquent d’être soldés, c’est l’encadrement des petites entreprises hexagonales. Et elles sont tout de même 2,5 millions à être concernées par le CNE.
Mais en quoi ce nouveau contrat pourrait-il bien miner nos petites entreprises, alors qu’elles devraient être ravies – et leurs représentants syndicaux sont d’ailleurs particulièrement enthousiastes – de pouvoir ajuster presque instantanément leur masse salariale en fonction de la météo économique ou de l’âge du capitaine ? C’est l’un de ces petits patrons qui nous livre la réponse. Car pour ce PDG d’une petite entreprise de recherche dans le domaine nucléaire, «embaucher en CNE, c’est le plus sûr moyen de faire fuir les pointures». Le fossé des avantages entre les grandes entreprises et les PME n’est pas nouveau. Aux unes les comités d’entreprise, restaurants d’entreprise, crèches d’entreprises, aux autres les heures de boulot à rallonge sans compensations de cette acabit. Pourtant, de nombreux cadres sont attirés par l’autonomie de travail que permettent les petites structures et leurs lignes hiérarchiques courtes. «Mais le sens du sacrifice a ses limites» ponctue, lucide, notre PDG. «Entre intérêt du travail et avantages sociaux, les cadres à haut potentiel ne devraient pas tergiverser.»
Du coup, l’entrepreneur nucléaire renonce au CNE pour ses embauches de cadres. Mais qu’en est-il des cadres moins high potential et des jeunes diplômés débarqués sur le marché en cette rentrée ? S’ils signent un contrat nouvelle embauche, ils connaîtront la précarité pendant deux ans. Deux ans ? Tiens, c’est pile poil la période qui nous sépare des élections présidentielles de 2007. Quelle coïncidence. »

La rédaction de Cadremploi.fr http://www.cadremploi.fr/caempl/servlet/fr.cadremploi.publi.page.edito.EditoView

Si les « pointures » fuient le CNE, ça peut en intéresser d’autres qui n’ont pas, n’ont plus ou n’auront jamais l’appellation d’origine contrôlée.

Publié dans Orange

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Jacques Froissant 07/09/2005 20:15

ouh là ! Il prend des risques celui qui écrit cela, il a oublié que Cadremploi appartient au Figaro, et que le Figaro ...