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Recrutement / Anti discrimination

D'après le rapport d'activité 2008, rendu public hier, ce n'était pas arrivé depuis 1987. L'Agefiph a enregistré, l'année dernière, une baisse du montant des contributions des entreprises qui ne respectent pas l'obligation légale d'employer au moins 6% de travailleurs handicapés parmi leurs effectifs.

Cette année, en plus des 65.750 embauches soutenues par l'Agefiph, l'association pour l'insertion professionnelle des personnes handicapées annonce 3.067 créations d'activité et 3.727 contrats d'apprentissage et de professionnalisation.

Au total, cela représente une hausse de 3% des insertions de travailleurs handicapés. C'est encourageant.

 

Le CRAN, Conseil représentatif des associations noires, a publié les résultats d’un sondage CSA qui indique que 63% des Français sont favorables aux « enquêtes statistiques sur le ressenti d’appartenance pour mesurer la diversité et mieux connaître les discriminations ».

65% d’entre nous sont même favorables dès lors que « les réponses sont auto-déclaratives, sur la base du volontariat, anonymes, sans constitution de fichiers et contrôlées par la CNIL ».

 

A quoi bon ?

 

A quoi peut bien servir la mesure de la diversité en matière d’emploi ? Quel est l’objectif de cette démarche statistique ?

 

Nous savons aujourd’hui que les discriminations à l’embauche existent. C’est le constat de différents rapports.

 

Rapport du Bureau International du Travail, mars 2007 http://www.communautarisme.net/Le-rapport-du-BIT-sur-les-discriminations-a-raison-de-l-origine-dans-les-embauches-en-France_a922.html

 

Rapport annuel 2007 de La Halde

http://www.halde.fr/rapport-annuel/2007/

 

Pour combattre les discriminations à l’embauche, je suis partisan des mesures préventives et répressibles. Je préfère voir éduquer les différents acteurs du recrutement et professionnaliser la fonction. En ultime recours, je suis partisan de l’action en justice quand la discrimination est avérée.

 

Les statistiques ne préviennent rien, elles ne réprimandent rien, elles ne réparent rien.

Les statistiques séparent, cloisonnent et menacent la cohésion nationale. Quand on dit qu’on ne peut rien faire sans instrument de mesure, je ne partage pas cette opinion.

 

Ceci dit, on peut comprendre que les partisans (déclarés ou non) des quotas soutiennent la démarche statistique et produisent des sondages qui vont dans leur sens.

 

En mars 2009, un sondage CSA-UEJF-SOS Racisme indiquait que 55% des Français jugent que les statistiques ne seraient « pas efficaces » si elles étaient mises en place pour lutter contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations.

 

Ainsi vont les sondages… au gré des commanditaires. Tout le succès des résultats réside dans l’art de savoir poser les questions.

 

J’ai aujourd’hui envie de partager avec vous l’article 14 de la Constitution d’Haïti du 20 mai 1805, où, comme le disait Aimé Césaire « la négritude se mit debout pour la première fois et dit qu’elle croyait en son humanité ».

 

« Article 14. Toute acceptation de couleur parmi les enfants d’une seule et même famille, dont le chef de l’Etat est le père, devra nécessairement cesser, les Haïtiens ne seront désormais connus que sous la dénomination générique de Noirs. »

 

Je préfère une société qui invite les citoyens à se voir d’une seule et même couleur qu’une société qui sépare, divise, enferme et isole.

 

Ma pensée est à la fois noire et blanche. Mon action dans la lutte contre les discriminations est sans distinction ethnique. Nous avons tous à y gagner.

Les réclamations déposées auprès de la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité ont augmenté de 53 % en un an. Dans le même temps, M. SCHWEITZER veut nous convaincre qu'il fait du bon travail avec la HALDE et commente les chiffres : " Je pense que dans le fond, les discriminations régressent peu à peu ".

Pour M. LOZES, cette autosatisfaction est injustifiée !

Après s'être perdu en 2002 dans la forêt de Rambouillet, lors d'une présentation à la presse où il essayait la berline Vel Satis équipée du GPS Carminat,  M. SCHWEITZER se perd sur le terrain de la lutte contre les discriminations. Ancien patron de Renault, il a fallu attendre qu'il quitte le groupe pour se faire chantre de la lutte contre les discriminations en 2005 ! On ne l'a pas vraiment entendu sur le sujet avant...

A mon sens, l'augmentation du nombre de plaintes montre simplement que le recours à la HALDE est entré dans les mœurs et que des plaintes pour discrimination peuvent être prises au sérieux, même en dehors du registre syndical.

Je ne crois pas que les discriminations aient baissé ou augmenté de façon sensible. On avance pas à pas. Ce n'est pas une bataille qu'on peut gagner en quelques années et ce n'est pas une bataille qu'on peut gagner à la façon d'une invasion de criquets comme le préconisait M. BEGAG.

Je crois que l'autosatisfaction de M. SCHWEITZER est aussi injustifiée que l'avis  du Président du CRAN qui trouve les chiffres rendus publics très préoccupants.

« Les réclamations déposées auprès de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations ( Halde ) ont augmenté de 53 % en un an. Au total, 6.222 requêtes ont été enregistrées en 2007 contre 4.058 en 2006. C'est ce que révèle le rapport 2007 de cette institution, présenté jeudi au chef de l'État.

La montée en puissance de la Halde, présidée par Louis Schweitzer et créée par la loi du 30 décembre 2004, se traduit par la progression du nombre moyen mensuel de réclamations qui lui sont adressées : de 141 en 2005 à 338 en 2006, elles ont atteint le nombre de 518 en 2007.

Parmi les plaintes, le critère de l'origine est le plus souvent invoqué (27,1 %), le critère santé-handicap arrivant en seconde position (22 %), suivi à égalité par l'âge, le sexe et les activités syndicales (6 %). D'autre part, l'emploi représente plus de 50 % des réclamations enregistrées et celles portant sur la carrière dans l'emploi privé font un bond de six points entre 2006 et 2007, atteignant 24 %. » Extrait de LePoint.fr 22/05/08

Ce 8 mars, à l'occasion de la Journée internationale de la Femme, le Président de la République a prôné l'égalité salariale entre les hommes et les femmes et promis des sanctions financières pour les récalcitrants dès 2009. De son côté, Le Haut commissaire des Nations Unies pour les droits de l'Homme, Louise  ARBOUR, a dénoncé les lois discriminatoires envers les femmes.
 
En cette journée, j’ai envie d’évoquer une femme que j’ai découvert aujourd’hui, mieux vaut tard que jamais. Il s’agit de Bessie COLEMAN, la première femme noire au monde à pouvoir piloter un avion. Un ouvrage en français racontant son histoire vient de sortir :
 
« Novembre 1920. Bessie Coleman, originaire de Chicago, débarque du SS Imperator à Cherbourg. Elle vient en France pour apprendre à voler. Aux États-Unis, pour cause de ségrégation raciale, aucune école de pilotage n'a accepté de l'accueillir. Après sept mois de formation au Crotoy, petit port de la baie de Somme, la jeune Afro-Américaine de 28 ans obtient le brevet de pilote de la Fédération aéronautique internationale, devenant la première femme noire au monde à pouvoir piloter un avion. Dès lors, Bessie n'a plus qu'un désir : créer une école de pilotage ouverte à tous, l'aviation étant pour elle une façon active de combattre les discriminations. » l’Editeur, Michalon Eds
 
Chacune, chacun peut combattre activement les discriminations à sa manière.
Lutte contre les discriminations : Deux études (La Halde - CSA et VIGEO) montrent qu’on a pas encore résolu ce problème de société et que la mobilisation reste vitale dans ce domaine comme dans d’autres.
Consultez :
L'ETUDE MENEE PAR LA HALDE ET L'INSTITUT CSA
L'ETUDE DE VIGEO

Catégorie 12-14 ans

1er prix : Collège Corisande d'ANDOINS-ARTHEZ DE BEARN (FRANCE)

Catégorie 15-18 ans

1er prix : Secondary School of Art in LIBEREC (REPUBLIQUE TCHEQUE)

 

Pour découvrir les autres créations, un clic suffit :)

http://www.youtube.com/watch?v=1fw1CcxCUgg

C'est la belle histoire d'un lycéen autiste qui ne jouait pas dans l’équipe de basket-ball de son école mais donnait un coup de main comme « assistant-coach ». Et voilà qu’un beau jour, lors d’un match officiel, le coach décide de le récompenser pour son dévouement désintéressé en lui offrant quelques minutes de temps de jeu. Son premier shoot sera affreux mais soutenu par son équipe et le public, Jason MC ELWAIN confirme à tous qu’il fallait lui donner sa chance.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les dernières grèves, notamment à la SNCF, ont fait couler beaucoup d’encre et échauffer les esprits, notamment sur le blog d’une recruteuse arrivée, il y a peu dans la blogosphère. Cela me rappelle mes débuts et quelques échanges assez chauds.

Je n’ai pas envie de vous donner mon avis sur les grèves et la SNCF. Par contre, j’aimerai attirer votre attention sur une information.

Aujourd’hui, « autour de 13% » des recrutements globaux de la SNCF sont faits dans les quartiers urbains sensibles, a indiqué Mme Idrac, présidente de l'entreprise.

En 2005, lorsque la SNCF communiquait sur son engagement en faveur de 700 bénéficiaires de minima sociaux, la fédération syndicaliste force ouvrière des cheminots s’inquiétait d’un possible recrutement de nature publicitaire et précaire.

http://recrutement.over-blog.com/article-694586.html

En 2007, Mme Idrac précise que les embauches s'effectuent du niveau CAP jusqu'à bac+5. Selon la présidente, la SNCF ne va « pas faire de quotas », « pas de recrutements au rabais ». Et son conseiller, d’ajouter : « Il n'y a pas de processus de recrutement différent, de critère différent » simplement « nous allons sur les lieux de recrutement au plus proche des gens quand cela est nécessaire ».

Je n’ai pas d’information sur la nature des contrats proposés mais sur la méthode, cela s’approche de ma vision de ce que doit être une politique en faveur de la diversité et surtout de l’égalité des chances. Pas de quota, pas de recrutement au rabais, pas de processus différent, pas de critère différent.

Avant de subir quelques foudres, bien que je n’ai pas peur que le ciel me tombe sur la tête, je précise qu’il me semble également important d’avoir un processus de recrutement juste et équitable.

Par ailleurs, en amont et de la responsabilité de l’Etat, un accès juste et équitable à la formation et à l’information est souhaitable. On ne reviendra jamais assez sur le grand mensonge et malheur qui consiste à envoyer 80% d’une classe d’âge au casse-pipe. Par ailleurs, il serait temps de donner des moyens matériels et humains décents aux écoles de France et de Navarre.

J’aimerai bien savoir ce qu’en pense la fédération syndicaliste force ouvrière des cheminots. Coup de pub ? Je ne sais pas mais si la presse annonce pour la SNCF un grand rendez-vous de recrutement, vendredi à la Plaine Saint-Denis (Seine Saint-Denis), je n’ai pas trouvé plus de précisions sur le site de la SNCF ou sur Internet. Dommage…

« Elle court, elle court, la discrimination
La discrimination du pays, mesdames,
Elle court, elle court, la discrimination
La discrimination du pays pas très joli.

 

Elle est passée par ici
La discrimination du pays, messieurs,
Elle est passée par ici
La discrimination du pays pas très joli.

 

Elle court, elle court, la discrimination
La discrimination du pays, mesdames,
Elle court, elle court, la discrimination
La discrimination du pays pas très joli.

 

Elle repassera par là
La discrimination du pays, messieurs,
Devinez si elle est ici
La discrimination du pays pas très joli.

 

Elle court, elle court, la discrimination
La discrimination du pays, mesdames,
Elle court, elle court, la discrimination
La discrimination du pays pas très joli.

 

La discrimination est bien cachée
La discrimination du pays, messieurs,
Pourrez-vous la retrouver ?
La discrimination du pays pas très joli. »

 

Le club Averroès vient de rendre son rapport annuel. La diversité dans les médias reste un vœu pieux. Les « minorités visibles » restent invisibles dans certains domaines. Point fort du rapport, une étude commandée par une grande chaîne hertzienne révèle en son sein des pratiques discriminatoires directes et indirectes. Il est question de pratiques de recrutement, de salaire et de promotion. Elle court, elle court, la discrimination. Elle est passée par les médias !

Du 19 au 25 novembre, à Saint-Ouen, 10 000 sets de table en papier avec les CV anonymes imprimés de 64 candidats seront diffusés dans 20 restaurants de la ville. Cette opération originale s'adresse aux recruteurs potentiels qui y déjeuneront.

Que penser de cette initiative ? Déjà, je me demande combien cela coûte. Pour ceux que cela intéresse voici la liste des restaurants qui participent à l'opération :
La Fontaine (Holiday Inn), 9 rue Fontaine ;
Le Mayflower (Manhattan), 115 avenue Gabriel-Péri ;
Le Club (Sovereign), 54 Quai de Seine ;
Le Coq de la Maison Blanche, 37 bd Jean-Jaurès ;
La Puce, 17 rue Ernest Renan ;
Fabric'Café, 151, bd Victor-Hugo ;
Le Paparazzi, 26 rue Bauer ;
Le Palais indien, 24 avenue Gabriel-Péri ;
L'Oasis, 124 avenue Gabriel-Péri ;
La Rotonde, Place de la République ;
Le Fort de l'eau, Place de la République ;
Chez Serge, 7 bd Jean-Jaurès ;
Café Loom, 142 rue des Rosiers ;
Le Soleil, 109 avenue Michelet ;
Epicure, 65 avenue Michelet ;
Le Paul Bert, 20 rue Paul-Bert ;
La Paix, 28 avenue Gabriel-péri ;
Le Petit Landais, 96 rue des Rosiers ;
l'Euro, 39 rue Anselme ;
Le Café des Sports, 20 rue Etienne-Dolet.

Claire VILLIERS, vice-présidente du Conseil régional d'Île-de-France chargée de la démocratie régionale, a annoncé la couleur. Les aides et subventions versées par la région devront aussi servir à lutter contre toutes les formes de discrimination, dès le début de l'année prochaine, avec l'apparition de " clauses de conditionnalité ". Idem pour les appels d'offres publics. Cela va dans le bon sens si on veut faire évoluer les mentalités.

Pendant la durée de la Coupe du monde de rugby, ma ville d’adoption a porté les couleurs des Springboks. « Noisy, c’est beau, super, fantastique ! » déclarait cette semaine Schalk Burger, le 3ème ligne des Boks à la presse noiséenne. Alors, j’ai été content pour eux, pour nos invités. L’Afrique du Sud montre un nouveau visage. Celui d’une nation multicolore qui s’unie, pas à pas, sur le chemin de la réconciliation. Après Nelson Mandela portant le maillot qui symbolisait autrefois le nationalisme afrikaner, voici Thabo Mbeki portant la coupe sur les épaules des joueurs et du staff sud africain.

Ces gestes de réconciliation très symboliques, appellent à cimenter les liens entre blancs et noirs mais restent des symboles qui ne reflètent pas encore une réalité. Je suis plutôt critique vis à vis de la politique anti-discriminatoire en Afrique du Sud depuis la fin de l’apartheid. Cette année encore, Butana Komphela, président du parlement sud africain, menaçait d'empêcher les Springboks de participer à la Coupe du monde si un quota de joueurs de couleur n'était pas respecté (6 joueurs non blancs, au minimum, sur 30). Butana Komphela voulait priver l’équipe des visas nécessaires pour venir jouer en France.

Pourtant, dans les règlements de l’IRB, on ne parle jamais de nationalité et encore moins de couleur de peau, mais d’attachement au pays. La règle 8 l’énonce explicitement. Elle a pour objectif de maintenir un lien sérieux entre le joueur qui porte le maillot de la sélection et la nation représentée. C’est un attachement selon trois critères : le lieu de naissance, le lien familial ou le lieu de résidence du joueur (36 mois minimum).

Le sport reste un élément critique de l’identité nationale. En Afrique du Sud, selon la presse locale, Jack White sera le dernier blanc à entraîner les Springboks et l’équipe post Coupe du monde devra aligner au moins 10 joueurs non blancs. Cela changera-t-il grand chose si on ne s’attaque pas aux racines du mal en Afrique du Sud ou ailleurs en matière de lutte contre les discriminations raciales ?

Je crois que les joueurs ne veulent pas qu’on puisse penser qu’ils ont été retenus pour remplir un quota. Et je crois que les spectateurs apprécient davantage la couleur du maillot que la couleur de ceux qui le portent.

 Par ailleurs, on peut penser que les rugbymen noirs des townships attendent des ressources humaines, matérielles et financières pour pouvoir jouer et progresser au rugby, plutôt que des symboles.

« J'espère que d'avoir soulevé la coupe et de la ramener à la maison va pouvoir créer un scénario qui va souder les gens et les aider à cesser de raisonner en termes de groupes et de couleurs ». John Smit, capitaine des Springboks. Et d’ajouter : « depuis 95, l’Afrique du Sud a fait beaucoup de progrès en ce sens. Toute la population va fêter la victoire. Il n’y a qu’une couleur dans cette équipe, celle de notre démocratie toute récente.»

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